Oeuvres ophthalmologiques de Thomas Young / traduites et annotées par M. Tscherning ; précédées du portrait de Young, de son éloge par François Arago et d'une préface par Émile Javal.
- Thomas Young
- Date:
- 1894
Licence: Public Domain Mark
Credit: Oeuvres ophthalmologiques de Thomas Young / traduites et annotées par M. Tscherning ; précédées du portrait de Young, de son éloge par François Arago et d'une préface par Émile Javal. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by the Francis A. Countway Library of Medicine, through the Medical Heritage Library. The original may be consulted at the Francis A. Countway Library of Medicine, Harvard Medical School.
245/274 (page 229)
![Sir Isaac Newton a observé qu'on peut imiter l'effet de la lumière blanche sur la vue, par un mélange de couleurs prises dans les différentes parties du spectre, en laissant de côté les autres, qui, dans les circonstances ordinaires, font partie de la lumière blanche. Si par exemple on enlève la moitié de chacune des quatre parties principales, le mélange des parties restantes conservera encore l'apparence du blanc. Il est donc probable que les différentes portions de chacune de ces quatre parties du spectre ont exactement le même effet sur l'œil. Il est certain qu'on peut produire une sensation parfaite de jaune et de bleu par un mélange de lumière rouge et verte, et de lumière verte et violette. Et il y a des raisons pour admettre que ces sensations sont toujours composées d'une combinaison de sensations séparées. Cette supposition simplifie au moins la théorie des couleurs ; on peut donc l'admettre avec avantage jusqu'au jour où on la trouverait incompatible avec un phénomène quel- conque. Nous allons donc considérer la lumière blanche comme composée d'un mélange de trois couleurs seulement, rouge, vert et violet, dans la proportion d'environ deux parties de rouge, quatre parties de vert et une partie de violet, quant à la quantité ou intensité des sensations produites. En mélangeant, dans des proportions convenables, des sub- stances qui montrent ces couleurs dans leur plus grande pureté, et en exposant le mélange à une lumière suffisamment forte, on obtient l'apparence d'un blanc parfait. Dans une lumière plus faible le mélange paraît gris, ayant la teinte qu'on obtient en mélangeant le noir et blanc, si on considère comme noirs les corps qui réflé- chissent la lumière blanche dans une proportion très faible. Pour les mêmes raisons, un mélange de substances vertes et rouges paraît en général plutôt brun que jaune, et beaucoup de couleurs jaunes deviennent brunes, lorsqu'on les applique en couche épaisse, ou lorsqu'on les mêle avec du noir. On peut combiner des sensations de différentes espèces de couleurs d'une manière bien plus satisfaisante en peignant [différentes parties de] la surface d'un](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21085328_0245.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)