Oeuvres ophthalmologiques de Thomas Young / traduites et annotées par M. Tscherning ; précédées du portrait de Young, de son éloge par François Arago et d'une préface par Émile Javal.
- Thomas Young
- Date:
- 1894
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Credit: Oeuvres ophthalmologiques de Thomas Young / traduites et annotées par M. Tscherning ; précédées du portrait de Young, de son éloge par François Arago et d'une préface par Émile Javal. Source: Wellcome Collection.
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![étant plus éloignée de l'image du sol, nous en concluons nécessaire- ment que les branches sont plus élevées que le tronc. Il est bien plus simple de comparer l'image du parquet avec l'image de nos pieds, qui est en contact avec elle, qu'avec la situation réelle de notre front, près duquel l'image se trouve en réalité, mais par un pur hasard, et avec laquelle il serait impossible de la comparer, au moins autant que nous basons notre jugement sur une sensation immédiate. [L'influence de] l'instinct. — Nous sommes certainement à chaque instant obligés d'appeler l'expérience en aide pour corriger les erreurs d'un des sens par la comparaison avec les perceptions des autres. Il me semble que certains savants se sont trop avancés en déclarant que l'usage de tous nos sens est dérivé de l'expérience seule, sans vouloir admettre l'existence d'un instinct à côté d'elle. Sans autre preuve que leur propre imagination, ils ont nié l'ob- servation, relatée par Galien, sur les instincts d'un chevreau, observation qui est trop digne de foi pour pouvoir être réfutée par une simple négation. Séparé de sa mère au moment de sa naissance, le petit animal courut un instant après vers quel- ques plantes vertes, qu'il se mit à flairer et puis à brouter et à avaler. Il n'est pas possible de se figurer comment l'expérience aurait pu mener le chevreau à se sentir tenté par la vue de sa nourriture, à faire agir ses muscles locomoteurs pour s'en rappro- cher et la flairer, et comment l'odeur aurait pu l'amener à la mâcher, et le goût à l'avaler, s'il n'avait pas été pourvu de quel- ques instincts fondamentaux, dus à la même intelligence, qui a calculé l'ajustement de l'œil de manière à ce que le cristallin soit en état de produire une image parfaite de tous les objets environ- nants, et que la rétine ait la forme exacte qui convient pour rece- voir l'image, qui s'y forme. Il me semble que ces mots de Young peuvent encore trouver leur application aujourd'hui. Les théories empiristiques exercent néces- sairement une grande attraction sur l'esprit, parce qu'elles essaient de donner une explication de faits devant lesquels les théories nativi-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21085328_0255.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)