Oeuvres ophthalmologiques de Thomas Young / traduites et annotées par M. Tscherning ; précédées du portrait de Young, de son éloge par François Arago et d'une préface par Émile Javal.
- Thomas Young
- Date:
- 1894
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Credit: Oeuvres ophthalmologiques de Thomas Young / traduites et annotées par M. Tscherning ; précédées du portrait de Young, de son éloge par François Arago et d'une préface par Émile Javal. Source: Wellcome Collection.
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![prime l'œil dans l'obscurité ? Ceci est la quatrième question de Musschenbroek. Lorsque dans l'obscurité on exerce une pression sur la partie opaque de l'œil avec un corps large, un doigt par exemple, il apparaît un phosphène circulaire du côté opposé ; la lumière du disque est faible et celle du bord bien plus forte : mais en appliquant une petite surface, la tête d'une épingle ou l'ongle, l'image est petite et lumineuse. Le phénomène est évidemment dû à l'irritation que la pression produit sur la rétine ; l'esprit rap- porte l'impression à l'endroit d'où viendrait un rayon lumineux, qui, après avoir traversé la pupille, frapperait la rétine à la même place. L'irritation a son maximum à l'endroit où la flexion est la plus grande, c'est-à-dire à la circonférence et quelquefois au centre de la partie déprimée. — En présence de lumière [objective], la cir- conférence seule est lumineuse et le disque noir, que l'œil soit ou- vert ou fermé ; et un objet situé à l'endroit où le phosphène se projet est presque invisible. Il s'ensuit que la tension et la com- pression de la rétine détruisent en partie toute autre irritation que celle qu'elle produit elle-même par la flexion de la rétine : et cette dernière est si faible que la lumière apparente du disque est moins forte que celle de toutes les autres parties de la rétine, éclairées par des rayons ayant traversé les paupières. Cette expérience démontre une vérité, qu'on peut du reste déduire de beaucoup d'autres argu- ments, à savoir que la prétendue rectification de l'image renversée, formée sur la rétine, ne dépend pas de la direction du rayon inci- dent. Dans sa seizième question Newton a décrit ce phosphène, comme montrant les couleurs de la queue du paon, mais je ne vois que du blanc, et il semble plus naturel que ce soit cette couleur, qu'on observe lorsqu'il n'y a rien, qui tende à produire une couleur déterminée, puisqu'on doit considérer le blanc comme une compo- sition ou une moyenne de toutes les différentes sensations de lu- mière existantes. Elle semble correspondre à la forme moyenne sur laquelle Sir Josuah Reynolds a si élégamment insisté clans ses discours. On peut peut-être en tirer quelques principes de beaux contrastes de couleurs, car il est probable que les couleurs qui,](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21085328_0087.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)