Observations sur les maladies des armées dans les camps et dans les garnisons : suivies de mémoires sur les substances septiques & anti-septiques, et de la réponse à de Haen et à Gaber / par Pringle. Traité du scorbut, trad. de l'Anglais de Lind, suivi de la trad. du Traité du scorbut de Boerhaave, commenté par Van Swieten.
- John Pringle
- Date:
- 1855
Licence: Public Domain Mark
Credit: Observations sur les maladies des armées dans les camps et dans les garnisons : suivies de mémoires sur les substances septiques & anti-septiques, et de la réponse à de Haen et à Gaber / par Pringle. Traité du scorbut, trad. de l'Anglais de Lind, suivi de la trad. du Traité du scorbut de Boerhaave, commenté par Van Swieten. Source: Wellcome Collection.
397/430 page 391
![» crites par les anciens, vous pouvez , » vous devez même prononcer hardiment >> que ces malades-là ont le scorbut. » Il ajoute dans un endroit (e) : « Surtout si M ces urines sont rendues par des per- « sonnes qui vont et viennent, et qui » vaquentencorelibrcraentàloutesleurs » affaires. » Lors donc que les urines sont chargées d’une grande quantité de sels et d'huiles acres et presque putrides , ee qui arrive dans le dernier degré du scorbut, on com- prend aisément qu’il doit s’ensuivre une strangurie très-fâcheuse , surtout si ou manque en même temps de boisson qui aurait pu délayer les urines, et les ren- dre par conséquent moins âcres, incon- vénient auquel on est exposé dans les na- vigations. [Deyaillances f anxieles ^ etc, \ Tous les auteurs qui ont écrit sur cette mala- die avec quelque exactitude avertissent qu’on a souvent à craindre des défail- lances et des morts subites , quand le scorbut est d’une mauvaise espèce. C’est ce qu’Eugalenus [f] a eu soin de remar- quer, en ajoutant que presque tous ceux qui en sont attaqués ont le pouls petit , faible et inégal (l) : or on sait qu’un pa- reil pouls menace de défaillance. Ce pas- sage de Forestus (g) sur le .scorbut con- firme encore cette observation. « Toutes w les fois que le mal augmente, ils ne w peuvent plus faire un pas , ils éprou- w vent une grande difficulté de respirer, )) principalement quand ils veulent faire » quelque mouvement ou se tenir droits; w s’il leur arrive quelquefois d’essayer }) seulement de se mettre sur leur séant, » ils se trouvent mal aussitôt et tombent » en syncope comme si la respiration leur » manquait; et dès qu’ils se recouchent, » ils reviennent à eux et respirent libre- » ment. » Il ajoute ensuite qu’il a vu des malades mourir dans de pareilles faiblesses. Nous avons remarqué au chif- fre précédent que des matelots qui s’é- taient trouvés passablement bien, tant qu’ils étaient demeurés tranquilles dans leurs lits, étaient morts subitement au moindre mouvement qu’on leur avait fait faire, et même quelques-uns d’entre eux (e) P. 5. (/) P- 48. (l) Voyez ce que M. Lind dit de ce si- gne , part. I, ch. 1. (g) Lib, XX,, Observation ii, tome ii, p. 418. paraissaient déjà être en convalescence, et tâchaient de reprendre leurs travaux ordinaires. Poupart (/i) a observé aussi de ces morts subites parmi les scorbu- tiques , et il a remarqué, à l’ouverture des cadavres, que toutes les parties inté- rieures étaient pourries, que plusieurs avaient aussi les oreillettes du cœur de la grosseur du poing, et remplies d’un sang caillé, d’où l’on peut conclure avec raison que la circulation avait été arrêtée su- bitement. [ Ce que nous avons dit au § 1150 prouve assez qu’on doit met- tre au rang des causes du scorbut les aliments qui sont capables d’occasionner des obstructions opiniâtres dans les vis- cères. Nous avons ajouté encore que tous ceux qui sont sujets aux maladies lentes ont une disposition au scorbut. Mais nous ferons voir ailleurs , en par- lant des causes de l'hydropisie (/), que les obstructions opiniâtres des viscères préparent la voie à l’hydropisie , et nous mettrons pour cette raison le scorbut au nombre des causes de celte maladie. Outre cela , on doit se rappeler qu’au n® 2 de ce paragraphe-ci, nous avons compté l'enflure des jambes parmi les phénomènes du scorbut : or, on sait que cette enflure des jambes se remarque aussi dans l’hydropisie commençante (Ar). On sent donc la raison pour laquelle le scorbut invétéré est quelquefois suivi de l’hydropisie; et c’est, selon la remar- que de Sydenham (/), ce qui a donné lieu à celie espèce d’aphorisme vulgaire: « Où finit le scorbut, l’hydropisie com- mence. » Il est vrai que ce grand homme était indigné ( comme je l’ai déjà dit au § 1149) de voir que les médecins met- taient le scorbut partout, et c’est le peu de foi qu’il avait à ce scorbut qui lui a fait interpréter l’aphorisme en question delà manière suivante (m).« Quand on dit » que l’hydropisie commence où le scor- )) but finit, il faut entendre presque tou- » jours que, quand une fois l’hydropisie » s’est déclarée par des signes manifestes, » le préjugé du scorbut tombe. » Au reste , quoi qu’il en dise, on ne peut disconvenir, pour peu qu’on fasse atlen- (h) Acad, des Sclenc., l'an 1699, Mcni., p. 44. (i) Boerhaave, Aph., § 1229. (k) Boerhaave, Aph., 1230. (l) Secl. IX, cap. v, p. 350, (m) Boerhaave, Aph., f 1214.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24874607_0397.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)
No text description is available for this image
No text description is available for this image
No text description is available for this image