Observations sur les maladies des armées dans les camps et dans les garnisons : suivies de mémoires sur les substances septiques & anti-septiques, et de la réponse à de Haen et à Gaber / par Pringle. Traité du scorbut, trad. de l'Anglais de Lind, suivi de la trad. du Traité du scorbut de Boerhaave, commenté par Van Swieten.
- John Pringle
- Date:
- 1855
Licence: Public Domain Mark
Credit: Observations sur les maladies des armées dans les camps et dans les garnisons : suivies de mémoires sur les substances septiques & anti-septiques, et de la réponse à de Haen et à Gaber / par Pringle. Traité du scorbut, trad. de l'Anglais de Lind, suivi de la trad. du Traité du scorbut de Boerhaave, commenté par Van Swieten. Source: Wellcome Collection.
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![tion à ce qui a été dit plus haut, que le scorbut, après avoir duré long-temps , ne puisse être suivi de l’hydropisie, et ce sentiment est confirmé par plusieurs faits de pratique. [ Phthisie. ] On a déjà expliqué dans ce pourquoi le scorbut est suivi d’une atrophie , qui consume petit à petit toute l’habitude du corps. Mais il produit aussi quelqiieïois une vraie phthisie, qui est l’effet de la putréfaction des viscères. Car nous prouverons ailleurs que la phthi- sie ou consomption peut venir aussi bien des ulcères des autres viscères que de l’ulcère des poumons. Or, on a trouvé dans les cadavres des personnes mortes du scorbut, du pus épanché dans la ca- vité de la poitrine (/?), dans le poumon , dans le foie, dans les reins , sous les ais- selles, dans les interstices des muscles des bras et des cuisses ; et par conséquent il est clair que la phthisie purulente peut naître du scorbut. ^ [ Convulsions. ] On a vu au chiffre précédent qu’il survenait quelquefoisdans le scorbut de grandes hémorrhagies; mais nous avons prouvé dans une autre occa- sion (o) que les évacuations de sang trop considérables produisent des convul- sions : il peut^ donc se faire que chez les scorbutiques on remarque quelque- fois des convulsions qui sont dues à cette cause. Outre cela, nous avons remarqué, en parlant de la convulsion fébrile, que le sensorium commune ( le centre des sensations) pouvait être également affec- té à l’occasion d’autres parties affectées, comme si la cause physique de ce déran- gement eût préexisté dans le cerveau même, quand même la source du mal serait fixée dans des parties fort éloignées. On ne doit donc pas être surpris de voir arriver des convulsions dans le scorbut porté à un haut degré de malignité, quoique à l’ouverture des cadavres on ait toujours trouvé le cerveau en bon état {p). Car si une bile corrompue, re- fluant dans l’estomac et y séjournant, est capable d’exciter des convulsions qui cessent dès le moment qu'on a délivré l’estomac de celte saburre par le moyen du vomissement (</) ; si des douleurs for- (?i) Acad. desScienc., l'an 1699, Mém.; p. 236, 240, 241. (o) Boerhaave , Aph., § 232. (p) Acad, des Scienc., l'an 1699, Mém., p. 246. (</) Voyez les Aphor. de Boerhaave, § tes et périodiques, si la matière d’un ul- cère, se jetant sur quelque partie du corps, ont été capables de produire une épilepsie terrible (r), que n’avait-on pas à craindre pour des malades qui avaient presque tous les os cariés (s), dont les li- gaments étaient corrodés par une sanie acrimonieuse , ramassée dans les cavités désarticulations, dont le péricarde était presque tout rongé et le cœur même pro- fondément ulcéré (/), dont les viscères étaient remplis et abreuvés d’une lymphe si corrosive , qu'elle enlevait l’épiderme de ceux qui disséquaient ces cadavres, et leur faisait venir des ulcères au visage (u) ? On sent donc assez la raison des convulsions dans le scorbut porté à son dernier période , dont il .s’agit ici. Et Poupart remarque qu’il était survenu des convulsions à tous les scorbutiques, et il les compte au nombre des symptô- mes communs du scorbut porté au plus liant point de putridité (x). [ Des tremblements. ] En parlant du tremblement fébrile (j'), nous avons dit que ce symptôme venait ou du défaut du fluide nerveux, et conséquemment d’une très-grande faiblesse, ou de quelque cause qui irrite le sensorium commune. Or, il est évident, partout ce que nous avons dit jusqu’à présent du scorbut, qu’il se trouve dans celte maladie des causes irritantes assez fortes ; et en même temps que la faiblesse est si grande dans le dernier période du scorbut,q ue la moindre chose suffit pour faire tomber le malade en syncope. Consultez tout ce que nous avons dit à l’endroit cité, vous y trou- verez tout ceci expliqué plus au long. \^Paralysie.'\ (l) Ce que nous avons dit ailleurs des causes de la paralysie (z) fait assez voir que ceux qui sont malades du scorbut peuvent devenir paralyti- ques, aussi bien que les autres hommes, si ces causes viennent à agir; mais il s’a- git ici de la paralysie qui reconnaîtrait (r) Voyez Boerhaave, Aphor., § 1075, n. 4. (s) Acad, des Scienc., l’an 1699, Mém,, p. 239. (0 Ibid., p. 245. («} Ibid., p. 246. (æ) Ibid., p. 238. {]}) Boerhaave, Aph., § 627. (1) M. Lind ne rapporte ni ce symptô- me, ni les deux précédents. Boerhaave les a sans doute tirés d’Eugalenus, de Willis et de Charleton.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24874607_0398.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)
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