Observations sur les maladies des armées dans les camps et dans les garnisons : suivies de mémoires sur les substances septiques & anti-septiques, et de la réponse à de Haen et à Gaber / par Pringle. Traité du scorbut, trad. de l'Anglais de Lind, suivi de la trad. du Traité du scorbut de Boerhaave, commenté par Van Swieten.
- John Pringle
- Date:
- 1855
Licence: Public Domain Mark
Credit: Observations sur les maladies des armées dans les camps et dans les garnisons : suivies de mémoires sur les substances septiques & anti-septiques, et de la réponse à de Haen et à Gaber / par Pringle. Traité du scorbut, trad. de l'Anglais de Lind, suivi de la trad. du Traité du scorbut de Boerhaave, commenté par Van Swieten. Source: Wellcome Collection.
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![tes les humeurs dégénèrent enfin en une acrimonie corrosive. Il n’est donc pas étonnant que tous les viscères se putré- fient et se consument. Ceia se trouve confirmé par plusieurs observations que j’ai rapportées ci-dessus. [Contagion prompte.] (1) Il est vrai que plusieurs observations nous appren- nent qu’il y a eu plusieurs personnes at- taquées à la fois du scorbut dans le même endroit J mais cela ne prouve pourtant pas que cette maladie se communique d’une personne à l’autre par contagion. Car, lorsque le scorbut règne dans des villes assiégées ou dans les vaisseaux, on peut en attribuer la cause occasion- nelle au mauvais régime , au manque de végétaux , à la disette d’eau, etc., com- me cela est évident par tout ce que nous avons dit, et par conséquent il est plus raisonnable d’attribuer ce mal épidémi- que à des causes communes qui agissent également sur tous ceux qui se trouvent dans un même lieu, que de l'assigner à la contagion. Il est vrai que Sennert {i) a prétendu que de son temps le scorbut n’était si fréquent dans la Basse-Saxe , que parce que c’était la coutume du pays de boire tous au même pot ; et, « comme il est rare que tous ceux qui w mangent à la même table soient exempts » de ce mal, et que d’ailleurs c’est aux )) gencives qu’il s’attaque d’abord, il ne » faut pas s’étonner, dit-il, que le virus « scorbutique se communique si aisé- » ment de l’un à l’autre. Mais on pour- rait lui répondre que l’usage des mêmes aliments parmi toutes les personnes qui mangent ensemble pouvait également rendre cette maladie commune à tous. J’avoue que je ne voudrais pas, malgré cela, conseiller à personne de boire après quelqu’un dont les gencives ren- draient un sang putréfié. Cependant, il ne paraît pas constant que le scorbut soit contagieux comme le sont les maladies vénériennes , la petite-vérole , la gale et quelques autres maladies semblables. Dans les endroits où le scorbut passe pour une maladie endémique, j’ai re- marqué que ceux qui habitaient le rez- de-chaussée en étaient attaqués , tandis (1) Sennert, Hoffmann et Charleton ont dit aussi que le scorbut était conta- gieux. (Voyez la réfutation de ce senti- ment, t. I, p. 202 et suiv. in-I2.) (i) Lib. ni, part, v, sect, ii, cap. iii, t. Il, p. 99i que ceux qui occupaient le haut de la maison en étaient exempts, pourvu que d’ailleurs ils ne prissent que des aliments sains, quoiqu’ils se trouvassent tous les jours avec des gens qui en étaient in- fectés. Je conviens que Poupart (k) a traité le scorbut de maladie contagieuse, et qu’il a cru trouver quelque ressemblance entre ce mal et la fameuse peste des Athéniens. Je conviens encore que dans le même hôpital le plus grand nombre en était attaqué. Mais il faut faire attention que les malades qu’on portait à l’Hôtel- Dieu étaient déjà scorbutiques ; et qu’à cause de la quantité , on les transféra dans un autre hôpital (1) pour qu’ils ne fissent point de tort aux autres malades par leurs exhalaisons putrides. Et on ne voit pas, du moins dans le mémoire que j’ai cité tant de fois, que les autres ma- lades en aient été infectés. Outre cela, on sait que les Hollandais qui vont aux j Indes, ne sont pas plus tôt arrivés au Gap de Bonne-Espérance, qu’ils portent à l’hôpital ceux de l’équipage qui ont le scorbut, sans rien appréhender de la contagion , cl ordinairement la bonne nourriture les rétablit presque tous en très-peu de temps. Cependant il est de la prudence de n’approcher qu’avec quel- ques précautions des malades qui sont dans le dernier période du scorbut; car, quand même la contagion ne serait pas à craindre, les exhalaisons putrides qui s’échappent de leur corps ne laisseraient pas que de faire beaucoup de mal. § 1152. On n’aura donc pas de peine ' à comprendre la nature et les effets de cette maladie , si on fait attention à tout > ce que nous avons dit ci-dessus. Car le mauvais régime et les autres ii causes dont nous avons fait l’énumération .i dans le § 1150, font dégénérer peu à , peu le sang, et enfin toutes les humeurs, > à un point de ténacité et de viscosité, i p qu’elles ne peuvent plus circuler libre- j ci ment dans les petits vaisseaux; et à me- i le sure que la maladie augmente, l’acrimo- cl nie se joint à la viscosité. Pour ce qui pi le j te (k) Acad, des Scienc., l’an 1699, Mém., ïi p. 237. r (l) On les fit transporter à l'hôpital de S. Louis, le 2 mars 1699, où plusieurs' restèrent jusqu’à la fin du mois d’août de la même année, ,,](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24874607_0400.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)
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