Volume 1
Institutions de médecine, ou exposé sur la théorie et la pratique de cette science, d'après les auteurs anciens et modernes, ouvrage didactique. Contenant les connaissances générales, nécessaires à ceux qui se destinent à exercer l'art de guérie / [M. Petit-Radel (Philippe)].
- Philippe Petit-Radel
- Date:
- [1801]
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Credit: Institutions de médecine, ou exposé sur la théorie et la pratique de cette science, d'après les auteurs anciens et modernes, ouvrage didactique. Contenant les connaissances générales, nécessaires à ceux qui se destinent à exercer l'art de guérie / [M. Petit-Radel (Philippe)]. Source: Wellcome Collection.
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![Moyens de régler Règles. 546 INSTITUTIONS corps le tems de se remettre , et à l'ame celui de reprendre sa tranquillité. :» | I] n'est pas donné à tout le monde de régler à sa voionté ses propres passions: il faut y avoir été accou- tumé dès la plus tendre enfance , et que les circons- tances y aient en quelque sorte forcé, et encore dans les cas imprévus prennent-elles souvent le dessus. Il est de la science du médecin comme du philoso- phe , de savoir les manier comme il convient; car la plupart du tems elles sont, par elles-mêmes, cause de beaucoup de maladies qu'on ne saurait guérir que par le rétablissement de l'ame dans son assiète. Pour réussir, 1l n'est point de moyen plus assuré qué d’ap- prendre de bonne heure à ne se former sur les choses que des idées exactes , à ne sentir qu’autant qu'il convient et à ne vouloir qu'autant quil le faut; et pour y parvenir , il faut s'habituer à n'attribuer à chaque chose que la valeur qui lui est due; alors la notion modérera le sentiment, le jugement dirigera la volonté, et le cœur sera réglé par la raison. De tout ce qui a été dit dans cette section, dérivent les corol- laires suivans : Rés I. Qu'iine faut pas faire passer brusquement d'une passion violente à une autre d'une nature opposée, car la constitution ne peut que beaucoup SRURr par ces extrêmes. II. On peut quelquefois occasioner subitement une violente passion dans certaines affecions du corps, qui ne peuvent se guérir qu'en préoccupani l'ame et fixant ailleurs son attention. lil. Il fautéviter de maintenir long-tems les mêmes passions, surtoutles vives ; car les organes continuelle- ment montés, ne sauraient plus descendre: d'où s en- suivrait une détérioration dans les actions de la vie. Il faut ici , comme en toute autre chose , se rappeler l'adage : — Moderata durant atque vitam et sanitatem durabilem præstant (1). IV. Le chagrinet la tristesse doivent être combattus par les ris, les plaisirs et surtout la musique. C'est en pareil cas qu'il faut suivre à la lettre les conseils qu Eobanus donne dans les vers suivans: (1) Ce qui est établi sur les règles de la modération, dure long-tems et rend durables la vie et la santé,](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22040122_0001_0584.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)