Traité de la maladie vénérienne / Par J. Hunter, traduit de l'anglais par G. Richelot, avec des notes et des additions par Ph. Ricord.
- John Hunter
- Date:
- 1852
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Credit: Traité de la maladie vénérienne / Par J. Hunter, traduit de l'anglais par G. Richelot, avec des notes et des additions par Ph. Ricord. Source: Wellcome Collection.
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![il se manifesta des phénomènes morbides bizarres et extraordi- naires, une sensation inaccoutumée dans la partie affectée, ac- compagnée de la plupart des symptômes de la gonorrhée sauf l'écoulement. Un an après, le même malade fut atteint d'une nouvelle gonorrhée, et l'écoulement ne se forma qu'au bout d'un mois pendant une partie duquel il éprouva les mêmes sensations pénibles qui ont été indiquées tout à l'heure ; mais cette fois, instruit par sa propre expérience , il prévit ce qui] allait lui arriver. De ce fait je suis porté à conclure que le poison ne reste que rarement ou jamais dans une inaction complète aussi longtemps qu'on pourrait le croire, et que la période inflamma- toire peut exister pendant un temps assez long avant la période suppurative (1), Dans les cas de cette espèce, la tendance à la guérison est peu énergique, car la disposition qui a pour effet l'écoulement est une disposition salutaire, et constitue un degré intermédiaire entre la maladie ou l'inflammation, et la guérison. En effet, lorsque la suppuration se forme, les vaisseaux ont subi une modification d'où résulte la production du pus ; si cette modification n'avait point lieu, peut-on savoir quelles en se- raient les conséquences? Il ne m'a pas été possible'de m'assurer si l'inflammation gonorrhéique pourrait disparaître sans sup- (1 ) L'incubation des affections virulentes et de la syphilis en particu- lier est généralement admise et regardée même comme une condition propre à ces affections. Mais l'expérimentation ne permet pas d'admet- tre l'incubation des accidents primitifs de la vérole. Il n'y a pas , ainsi qu'on l'a professé, un temps qui s'écoule entre l'application de la cause et ses premiers effets. Du moment que le virus est déposé dans les tis- sus et dans les conditions nécessaires à la contagion, l'action commence et arrive à la production des phénomènes par une évolution plus ou moins rapide. En un mot, ainsi qu'on peut s'en assurer par l'inoculation artificielle du chancre, il n'y a pas plus d'incubation après l'insertion du pus virulent sous l'épiderme, qu'à la suite d'une épine plantée dans les chairs ; et le chancre se forme dans le premier cas par une action graduelle, comme l'abcès se produitdans le second, après le temps voulu pour la suppuration. 11 n'y a pas de bronchite, de pneumonie, de phlegmon , etc., qui arrive au terme de la suppuration tout de suite après l'action des causes qui ont présidé au développement de ces ma- ladies. La blennorrhagie pouvant reconnaître des causes autres que le coït,' il faut se méfier de la valeur des observations dans lesquelles la maladie s'est montrée fort tard après les rapports suspects, et qu'on a citées de préférence comme preuve d'incubation. P. Ricord.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21060101_0080.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


