Des manuscrits de Buffon : avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateurs / [P. Flourens].
- Jean Pierre Flourens
- Date:
- 1860
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Credit: Des manuscrits de Buffon : avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateurs / [P. Flourens]. Source: Wellcome Collection.
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![' INTRODÜCTinN. Il ne quittait le travail qu à l’heure du diner, restait longtemps à table, et s abandonnait alors à toutes les gaietés qui lui passaient par la tête : « Peu ni’im- a porte, » disait-il, « que mes paroles soient soignées « ou non. » Sa conversation, empreinte de bonhomie, était simple, négligée même ; des locutions familières s’y reproduisaient à chaque instant: mais jusque dans ce laisser-aller toute interruption lui était insuppor- table : à bien plus forte raison dans un entretien sé- rieux n en tolérait-il aucune; et à la première objec- tion qui lui était faite, il gardait imperturbablement le silence : « Je ne puis me résoudre, disait-il, à « continuer de converser avec un homme, qui se « croit permis, en pensant à une chose pour la pre- « mière fois, de contredire quelqu’un qui s’en est oc- « cupé toute sa vie. » En revanche, tout ce qui ressemblait <à un éloge trouvait en lui une extrême tolérance, et l’enlevait subitement à ses distractions; il était particulière- ment touché d’un hommage de ce genre, lorsqu’il lui était adressé par les dames; quelquefois il le pro- voquait, se louant lui-même judicieusement, mais avec une grande naïveté. Si l’après-dînée était consacrée au repos, une course faite à pied, le bâton à la main, en devenait le plaisir le plus vif. Le but était, presque invariablement, une visite aux forges qu’il avait établies à Buffon. Quel- quefois il ])artait plus tôt et allait demander à dîner à](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24861315_0066.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)