Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux].
- Aulagnier, A. F. (Alexis François), 1767-1839.
- Date:
- 1839
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Credit: Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux]. Source: Wellcome Collection.
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![fort loin cette sale coutume , puisqu'ils avaient ménagé auprès de la salle du festin un cabinet spécial exclusivement affecté au vomissement volontaire ; mais ce qu'on ignore plus commu- nément, c'est que le même usage était connu des anciens Is- raélites; car voici un précepte que nous trouvons dans l'ecclé- siastique : Et si coactus (rempli, entassé ) fueris in edenJo nitiltùm, surgeè medio , evome, et refrig trahit te (chap. XXXI, vers. 25). Parmi les reptiles on rejetait la grenouille et on mangeait le lézard (lacerta viridis) ; toutefois M. Virey,qui nous fournit ce fait, ne cite point son autorité. Mais la nourriture la plus recherchée des Romains, vers les derniers temps de la république, c'était le poisson. On dépen- sait des sommes immenses pour construire des viviers ; Lucul- lus tranchait des montagnes pour faire arriver l'eau de mer dans le sien. On estimait surtout la lamproie d'eau douce, petromyzon fluvialis ; l'esturgeon , acipewser sturio , qui ne se présentait sur la table des empereurs qu'avec une pompe triomphale. La murène, murœna helena , L.; murœnophis , Lacép., sorte d'anguille qui reconnaissait la voix de son maître , Natat ad mayistrum delicativ-mvrœna. (Martial.) la morue, et tous les poissons plats , tels que la limande , le carrelet, la plie, la sole et le turbot, le grand turbot, pïeu- ronectes rnaximus 3 L., pour lequel Domitien fit un jour assem- bler le sénat de Rome , Sed deerat pisci patinœ mensura. Vocantur Enjb in concilium proceres. (Juté:; al.) le surmulet, mullus barhaius , qui est notre rouget ■ celui- ci était fort cher parce qu'on n'avait pas réussi à l'élever dans des viviers. Crispinus , le favori de l'empereur, en acheta un six milles sesterces. C'est ce Crispinus dont Juvénal parle en ces termes , au commencement de la satire intitulée le turbot : Ecce iterum Crispinus , et est mihi sœpe vocandus Ad partes ; monstrum nullâ virtute redemptum A vitiis Le foie dusermulet faisait la base del'alec, assaisonnement très-renommé , inventé par Apicius. La dorade, si estime à Montpellier, quand elle vient de l'étang de Latte , près du cap de Cette , la dorade , qu'on ne connaît point à Paris, était aussi d'un grand prix à Rome. S&n goût exquis, sa chair légère et très-saiubre , la faisaient re- chercher avec raison, et Sergius attacha une sorte d'honneur à prendre le surnom d'Orata , à cause de sa passion pour cet élégant et délicieux habitant des mers. Ce même Orata, le [3]](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21039264_0019.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


