Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux].
- Aulagnier, A. F. (Alexis François), 1767-1839.
- Date:
- 1839
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Credit: Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux]. Source: Wellcome Collection.
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![multiple et aussi variée que les nombreuses substances qui servent à notre nourriture. Les anciens prétendaient qu'il n'y a qu'un aliment, et ils distinguaient la matière alimentaire de l'aliment proprement dit. La matière alimentaire était la substance naturelle, soit simple , soit accommodée, et se composant du principe nutritif et d'autres principes inaltérables ou étrangers à la nutrition. L'aliment était ce principe exclusivement assimilable qui se trouve en toute matière alimentaire, et auquel toute substance naturelle qui nourrit doit la propriété de nourrir. Cette doctrine remonte jusqu'à Hippocrate ; elle a été long- temps suivie dans les écoles. Mais Halle, parmi les modernes, l'a complètement ruinée tout en se contredisant lui-même. Nous ne nous arrêterons pas à la discuter ; c'est de l'abstrac- tion pure , et, si l'on peut ainsi parler, de la méthaphysique alimentaire. La direction qu'a prise aujourd'hui l'étude des sciences naturelles range une semblable question parmi celles qu'on doit abandonner aux philosophes, c'est-à-dire à la dis- pute. Néanmoins, et à propos de philosophes, nous dirons un mot de la question qui lui est subséquente et que les philoso- phes surtout ont agitée, comme si Dieu, en créant et en or- ganisant l'homme dans les conditions où nous le trouvons, ne l'avait pas décidée depuis le commencement des siècles. Donc les philosophes se sont demandé si l'homme était her- bivore ou bien s'il était Carnivore. J.-J. Rousseau a dit que, primitivement, il était herbivore. Helvétius, au contraire, prétend qu'il est essentiellement Carnivore. Le fait est qu'il n'est ni l'un ni l'autre exclusivement ; par cela seul qu'il se nourrit à la fois de substances végétales et de substances ani- males, il est incontestablement omnivore. Au reste, si, négli- geant le fait, on avait voulu rechercher le droit, on l'aurait trouvé dans la constitution anatomique. L'étendue du canal digestif est toujours en rapport avec la nature de l'alimentation. La digestion, l'assimilation des viandes est facile, prompte ; un trop long séjour de ses résidus dans le corps de l'animal qui s'en nourrit eût pu donner lieu à une décomposition putride ; de là le peu de longueur de l'in- testin du Carnivore. L'intestin du loup, par exemple, du pylore à l'anus, ne porte que dix-sept pieds. Celui du mouton, au contraire, représente dans les mêmes limites dix-sept fois la lougueur du corps entier; c'est que les alimens végétaux s'assimilant avec plus de lenteur, il était nécessaire qu'ils fus- sent soumis à l'action d'un tube digestif plus étendu et plus puissant. Le système alimentaire de l'homme occupe le milieu entre ceux dont nous venons de parler, c'est-à-dire que la longueur [8]](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21039264_0024.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


