Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux].
- Aulagnier, A. F. (Alexis François), 1767-1839.
- Date:
- 1839
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Credit: Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux]. Source: Wellcome Collection.
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![de son tube est de cinq à six fois celle du corps. L'organisa- tion anatomique est donc en rapport avec le fait pour attester que rhomme a toujours été omnivore, et cette question ne se- rait pas restée un seul instant douteuse, si on eût su apprécier Timportance de l'examen des organes lorsqu'on a voulu la traiter. Il y a malheureusement encore dans la philosophie de la nature beaucoup de ces questions qui, comme celle-ci, rappellent l'histoire fameuse de la Dent d'or. Après les physiologistes, qui n'ont pas pu s'entendre sur l'unité du principe alimentaire, sont venus les chimistes, qui, à leur tour, ont voulu réduire à leurs plus simples élémens toutes les substances qui ont la faculté de nourrir, et ils sont arrivés à cette conclusion, savoir : que les végétaux ont pour base fondamentale le charbon et l'hydrogène, et les animaux l'azote. Toutefois, la transition des végétaux aux animaux, en ce qui touche les bases dont nous venons de parler, n'est pas aussi brusque qu'on pourrait le croire ; car il existe quelques végétaux qui contiennent les uns et les autres à la fois, c'est- à-dire de l'hydrogène, du carbone et de l'azote : tels sont les asperges, le froment, les champignons et toutes les plantes qu'on désigne sous le nom de Crucifères. De semblables résultats obtenus par l'analyse chimique, au moyen des fourneaux et de l'alambic, n'étaient pas assez sa- tisfaisans. Cette analyse n'est applicable que dans des limites fort restreintes à l'étude des corps qui ont vie. Dans la nature inorganique, les principes constituais des corps sont distincts et positifs : ainsi, lorsqu'on a décomposé de l'eau, et qu'on a trouvé des quantités déterminées d'hydrogène et d'oxygène, on peut, en reprenant ces deux corps simples dans les propor- tions démontrées par l'analyse , refaire à la lettre le corps ana- lysé ; en un mot, on peut appliquer à la chimie organique ce que l'on appelle l'analyse et la synthèse ; on peut décomposer et recomposer. Il n'en est pas de même dans la nature orga- nisée. Qu'on prenne de l'azote comme on voudra, qu'on mêle ce gaz avec telle ou telle substance, on ne parviendra jamais à faire quelque chose qui ressemble à de la matière animale. Les os sont composés de phosphate calcaire et de gélatine, et cependant avec de la gélatine et du phosphate calcaire aucun chimiste ne pourra jamais reconstituer un os. Cette impuissance chimique étant bien avérée, on a cher- ché à séparer les principes constituans des végétaux et des animaux, non plus à l'aide des moyens dont se sert la chimie organiqne , mais en les disséquant, pour ainsi dire, en iso- lant chacune de leurs parties sans rien ôter de leurs propriétés physiques, de leur forme, de leur consistance, de leur cou- leur, et l'on est parvenu à distinguer ainsi plusieurs principes. [» ]](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21039264_0025.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


