Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux].
- Aulagnier, A. F. (Alexis François), 1767-1839.
- Date:
- 1839
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Credit: Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux]. Source: Wellcome Collection.
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![de r Académie des sciences ne sont pas résolus à refuser tout encouragement aux applications usuelles , ils vous octroieront l'un des prix Monthyon. Hâtez-vous donc de vous mettre sur les rangs , si vous ne Pavez déjà fait, et traitez moins légèrement, je vous prie, une chose qui vous méritera , tôt ou tard, la re- connaissance publique. Songez aux bénédictions qui vous at- tendent de la part des médecins pour leurs malades, des mères pour leurs jeunes enfans, des navigateurs pour leurs voyages maritimes. Il y avait un aliment précieux, le premier, le type de tous les alimens, que la nature bienfaisante avait apprêté elle-même pour satisfaire aux premiers besoins de l'homme, pour fournir à ses organes naissans leurs premiers matériaux nutritifs, pour fortifier ses facultés débilitées par l'âge ou les malidies ; mais, par une sorte de contradiction qui se présente assez fréquemment à nos yeux imparfaits, quand nous les appliquons à l'étude des causes finales, cet aliment si important, ce nectar liquide , une fois issu des vases ou la nature lavait préparé, se décomposait, laissant séparer ses principes constituans, et nous, orgueilleux chimistes , nous n'avions à conserver que des débris ; comme si la nature, ja- louse d'un si grand bienfait, eût voulu nous en limiter l'usage. Aujourd'hui ce bienfait est permanent. Vous avez rendu prati- cable , en tous lieux, l'usage du lait des meilleurs pacages ; vous pouvez verser dans toutes les coupes, selon le besoin ou le caprice , le lait de la Normandie ou des Alpes , de Larzac ou de Glocester. Et vous douteriez de la gratitude publique!!! Mais ce bienfait vaut au moins celui que nous rendit Parmen- tier en inventant (1) l'usage de la pomme de terre. Croyez-moi, comme lui, poursuivez votre tâche , et, quels que soient les obstacles que vous puissiez rencontrer dans la propagation de vos idées généreuses , que le bien que vous avez déjà opéré soit toujours pour vous un stimulant énergique» » Mais cette lettre a un tout autre objet que de vous compli- menter sur les résultats heureux de vos travaux : je veux trai- ter, pour vos lecteurs, un sujet bien digne de les intéresser ; car, si tous ne sont pas pères, tous, du moins, aiment les en- fans , ne serait-ce que pour obéir à la parole sublime : Sinite parvulos... Accordez-moi donc, je vous prie, quelques pages de la Gazette pour y consigner mes réflexions sur les alimens du jeune âge. (1) Inventant. Le mot n'est pas de M. Prosper Martin, Pendant la ré- volution , la pomme de terre, qui avait déjà servi à combattre la disette, faillit devenir fatale à Parmentier; lors des élections populaires, il fut refusé dans les assemblées : « Ne lui donnez pas votre voix, criaient les orateurs \ il ne nous ferait manger que des pommes de terre ; c'est lui qui les a inventées. » (Yoyez Eloge de Parmentier, par Suvestre, de l'Institut) [20]](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21039264_0036.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


