Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux].
- Aulagnier, A. F. (Alexis François), 1767-1839.
- Date:
- 1839
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Credit: Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux]. Source: Wellcome Collection.
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![leur chair beaucoup de finesse, et un goût infiniment agréa- ble. Mais quel que soit le pays où le cochon ait été élevé, quelques préparations que Ton fasse subir à sa chair, il n'en fournit pas moins Un aliment très-indigeste. Mangé à l'état frais ou salé, en côtetette ou en jambon, en saucisse ou en cervelas, il est presque toujours le principe des plus graves indigestions qui puissent affecter un estomac délicat. On peut en dire autant du sanglier, quoique l'arôme particulier dont ce gibier de roi est pénétré le rende plus facile à digérer et plus agréable pour certaines personnes. Dans les plus grandes villes, où la consommation de la chair des animaux dont nous venons de parler est fort considérable, la police ne saurait entourer de trop de surveillance les étaux et les boutiques des marchands qui les débitent, ainsi que les lieux où on les abat. On a trouvé les lois de Moïse trop sévères en ce qui concerne l'alimentation ; il est certain, cependant, que rien ne contribue plus à faire naître des maladies que l'usage de viandes fournies par des animaux qui n'étaient point, quand on les a tués, dans un état parfait de santé. Comme le bœuf et le mouton viennent loin de la capitale, et que ; pour en tirer un plus grand prix, les herbagers se hâtent de les y faire arriver promptement, afin qu'ils ne perdent pas pendant la route la graisse qu'on leur a fait acquérir à force de soins, il arrive souvent que ces animaux sont ce qu'on appelle surme- nés, lorsqu'ils sont parvenus au terme de leur voyage. La ra- pidité de leur marche enflamme leur sang et fait naître en eux une fièvre qui rend leur chair extrêmement malsaine. Que de bouchers ont contracté des charbons et des pustules malignes par le simple contact du sang des bœufs surmenés ! L'usage de cette viande doit donc être sévèrement interdit, et les con- sommateurs ne doivent accorder une entière confiance aux bouchers qu'après s'être bien convaincus qu'ils livrent toujours à la consommation des viandes bien saines (4). Nous en dirons autant de la charcuterie. Quoique certains médecins pensent que les cochons ladres ne sont point nuisi- bles, nous sommes bien loin de croire qu'ils aient entièrement (1) Dans un mémoire fort bien fait sur l'hygiène des hôpitaux, M. Bou- chardat, pharmacien en chef de l'Hôtel-Dien , parle d'une autre espèce d'avarie pour les viandes de boucherie , « une autre terminaison ( de la vie des vaches), qui est très-ordinaire, et qui règne épidémiquement dans plusieurs laiteries. Ce sont les tubercules des poumons ; les vaches maigrissent alors d'une manière très-rapide, après avoir d'abord en- graissé ; elles ne tardent point à succomber; mais les nourrissenrs de- vancent cette époque et les vendent aux bouchers, qui trouvent toujours moyen de les débiter, quoique les réglemens de police s'opposent for- mellement à la vente d'une viande d'une aussi mauvaise qualité, ( Voyez ^finales d'hygiènç. cahier de juillet 1837.) [3§]](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21039264_0044.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


