Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux].
- Aulagnier, A. F. (Alexis François), 1767-1839.
- Date:
- 1839
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Credit: Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux]. Source: Wellcome Collection.
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![léités gastronomiques ; l'empereur Napoléon aimait surtout la polenta et les haricots secs à l'huile, et il s'en régalait de temps en temps à déjeuner. Voilà donc les haricots parfaite- ment réhabilités dans la gastronomie usuelle. Il ne leur manque plus rien , et personne n'osera désormais les attaquer. Ils ont les plus illustres suffrages, les suffrages de Napoléon et du marquis de Cussy. L'un les mangeait à l'huile , l'autre au jus de gigot. Les amateurs qui marchent sur les traces des grands hommes peuvent maintenant choisir. » Mais nous devons faire observer que les haricots ne con- viennent point à tous les tempéramens. Ils sont flatueux et in- digestes pour les estomacs faibles , délicats, irritables. Les gens de lettres, dont les forces digestives sont rarement en harmonie avec les facultés intellectuelles, les digèrent avec peine. Les hypochondriates, les femmes vaporeuses, hysté- riques , doivent en user avec beaucoup de réserve. Le tube digestif fatigué, distendu par cet aliment, devient un foyer d irritation qui peut provoquer les anomalies nerveuses les plus graves, les plus singulières. On étouffe, on s'évanouit, on tombe dans un profond assoupissement, ou bien on est silen- cieux , triste, colère, emporté ; on verse un torrent de larmes. Tissot a vu des j femmes vaporeuses éprouver une sorte d'anxiété, une tristesse inexprimable après avoir mangé des haricots. » Les choux. Le choux a été traité avec une sorte de mé^ pris par les médecins. Pas une de ses nombreuses variétés ne figure dans la matière médicale, si ce n'est le choux rouge, à cause de sa saveur douce et sucrée. » Mais ces herbes tendres, succulentes, nutritives, sont bien dédommagées de ce dédain par l'art culinaire et l'écono^ mie domestique ; et toutes vulgaires qu'elles sont, leur aspect, non pas seulement sur la table, mais aussi dans le potager, charme les regards de plus d'un gourmand, Il faut voir le choux après les pluies de la nuit, lorsque le soleil vient mêler sa vive lumière aux perles diaphanes retenues dans les plis de ses feuilles. Comme la vie, la force, la santé, rayonnent dans celte belle plante ! Il n'y a pas un amateur qui ne la dévore de l'œil, surtout s'il a fait maigre chère la veille. » Nous pourrions évoquer les ombres des Grecs et des Ro- mains pour prouver que le chou a mérité les suffrages des premiers peuples de la terre. Et par exemple, Caton, le sé- vère Caton, ennemi irréconciliable des médecins, médicastre lui-même, traitait toute sa maison avec le chou, sans distinc- tion de maladie ; et, chose merveilleuse ! ses gens neVen trou- vaient pas plus mal. La nature les guérissait à l'insu de Caton, Suivant Pline, le chou a été pendant plusieurs siècles Tunique [ su ]](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21039264_0055.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


