Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux].
- Aulagnier, A. F. (Alexis François), 1767-1839.
- Date:
- 1839
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Credit: Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux]. Source: Wellcome Collection.
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![ver ses malades, n'est-il pas cent fois plus échauffant que la vanille ? mais l'opinion publique est ainsi formée d'un tas de contradictions •. les mêmes gens qui regardent le chocolat à la vanille comme une nourriture échauffante se laisseront persua- der que le chocolat au lait d'amandes est rafraîchissant, parce qu'il plaît à quelques fabricans malencontreux d'attribuer à la fève de cacao une vertu à laquelle Montezuma n'eût certes pas ajouté confiance. Je raconterai ailleurs l'histoire du chocolat et les fraudes auxquelles on le soumet; j'ai besoin du temps et de l'espace qui me restent pour achever ce que j'ai à dire'touchant quelques autres objets de nourriture. Café. Cette liqueur séditieuse, à laquelle des savans ont rapporté l'excès de civilisation et de libéralisme qui travaille l'Europe depuis plusieurs siècles ; ce poison lent, dont l'action délétère n'est guère appréciable qu'à quatre-vingts ans et au- delà , comme l'ont prouvé Fontenelle et Voltaire ; ce breuvage amer, qui devait passer de mode avec Racine, et qui est resté comme ce poète, malgré les anathèmes de madame de Sévigné ; cette boisson intellectuelle, dont le parfum exalte l'esprit de tous ceux qui ont de l'esprit ; le café , puisqu'il faut l'appeler par son nom , est le produit d'un joli arbriseau au vert feuillage et aux fruits rouges comme une petite cerise. Il m'est arrivé plus dune fois de songer au moyen de mettre le café à la portée de toutes les intelligences gastronomiques et de toutes les fortunes, non pas en grain, comme tout le monde peut se le procurer dans le commerce, non pas en poudre , comme le distribue chaque matin, à Paris , l'épicier de tous les coins de rue, mais en liqueur suave , aromatique, exhilarante, spirituelle, tel enfin que le voudrait Jupiter si jamais il venait à manquer d'ambrosie. Quand je réaliserai ce projet, j'invoquerai en sa faveur des considérations d'un or- dre sublime. Je rappellerai alors que le café réunit la plupart des avantages du vin sans avoir aucun de ses inconvéniens ; que rien, par conséquent, ne saurait être plus désirable qu'un établissement qui tendrait à propager son usage dans toutes les classes , et que mon succès intéresse la morale publique et le bien général de 1 humanité ; car en le substituant aux mau- vaises liqueurs alcooliques dans lesquelles le peuple des gran- des villes va puiser des excitations funestes à sa raison, le café doit contribuer inévitablement à la diminution des désor- dres provoqués tous les jours par l'ivrognerie. Les Arabes du désert, les bédouins des environs d'Alger sont encore, à l'heure qu'il est, plus habiles que nous dans la préparation du café. Assis en cercle autour d'un petit feu de fcouses de chameau desséchées, ils font rôtir la fève de hunn [51]](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21039264_0067.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


