Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux].
- Aulagnier, A. F. (Alexis François), 1767-1839.
- Date:
- 1839
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Credit: Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux]. Source: Wellcome Collection.
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![rentes couleurs 1 la rose blanche ou musquée de Pestane, ville de Calabre, fut autrefois préférée à cause de l'odeur forte qu'elle exhale- Celle du village de la Combe, en Savoie , outre son excellente odeur, avait la saveur de la pomme de reinette. Les pétales de la rose rouge ont la saveur amère et stiptique-, elles contiennent du mucilage, du tannin, et une certaine quan- tité d'huile volatile ; on y trouve aussi quelques particules de fer. L'expérience a confirmé son action tonique. A petite dose, cette feuille, prise intérieurement, excite 1 appétit, fortifie l'estomac, facilite la digestion et resserre le ventre. C'est sous la forme de conserve qu'on remploie ordinairement- En voici la formule : Roses de Provins séchées et pulvérisées, trois onces ; eau de rose , huit onces ; sucre une livre et demie. On délaye la pou- dre avec de l'eau de rose, dans un vaisseau convenable ; on laisse macérer à froid pendant six heures; alors on fait cuire le sucre à la plume , on délaye la pâte dans ce sucre quand il est encore chaud ; on le met ensuite dans un pot qu'on ferme hermétiquement et qu'on tient dans un lieu sec. Avec les feuilles de rose, on prépare une eau distillée esti- mée. Elle 1 était cependant beaucoup plus autrefois ; car, dans le temps de Philippe-le-Bel, cette eau entrait dans les approvi- sionnemens de la cour. On la regardait même comme cordiale ; on la mêlait sans doute-à d'autres plantes aromatiques. Au temps de Charlemagnc, elle servait à prévenir les défaillances. Le père Cairon, dans son Histoire générale du Mogol, rapporte que la princesse Nourmahal fit emplir d'eau de rose tout un Canal, et qu'elle s'y promena dans un bateau avec le grand mo- gol; il ajoute que la chaleur du soleil en ayant dégagé 1 huile essentielle, on remarqua cette substance' sur l'eau, et que c'est ainsi que se fit la découverte de cette huile, qu on appelle aussi beurre de roses. Les Turcs lui donnent le nom d attar [voir cet article) ; ils la retirent des roses musquées ( rosa sempervircs^), ce qui a été confirmé par M. Boox, directeur des serres de Schombrun, et par le professeur de bota- nique de Berlin , M. Wirdenoth. Cette huile est incolore et quand son odeur n'est pas très divisée , elle est très-forte et a une action très-marquée sur certains individus. C'est le parfum le plus cher et peut-être le plus estimé. Son arôme est tel, qu'il suffit d en prendre sur la pointe d une épingle pour en parfumer un appartement. Cette huile essentielle étoit connue eu temps d'Homère, il en fait mention , mais il n'en attribue la connaissance qu'aux divinités : e est Vénus qui répand de l'huile de rose sur le cadavre d'Hector, Iliade, liv. 23. Les parfums extraits des roses, pris à Capoue, étaient portés dans tes pays les plus éloignés. On ne put se passer de ce commerce ] qui](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21039264_0688.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


