Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux].
- Aulagnier, A. F. (Alexis François), 1767-1839.
- Date:
- 1839
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Credit: Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux]. Source: Wellcome Collection.
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![qui en ait parlé dans* son livre , De claris oratorïbus; il cite un orateur qui avait mérité le nom de Tincta, par la singularité de son esprit. Ausone a dit de ce poisson, qu'il était une res- source pour le peuple. Il vit dans les lacs et les étangs, quoi- qu'on en trouve dans les rivières. Il recherche les eaux va- seuses et stagnantes. La plupart des tanches qu'on prend en France ont moins d'un pied de longueur ; il y en a cependant qui pèsent jusqu'à six livres ; Salviani prétend qu'il y en a du poids de vingt livres. Ce poisson a la tête et le museau petits, eu égard à son corps, qui est large, épais et court. Son ventre est assez large et plat ; ses écailles sont oblongues, petites, noires sur le dos, noirâtres sur les côtés, avec des anneaux d'un vert jaunâtre ; le ventre est blanchâtre. En général, son corps, a une teinte foncée, sa peau est épaisse , son palais charnu comme celui de la carpe. Des auteurs modernes ont blâmé l'usage de ce poisson, comme aliment, en disant que sa chair est fade, de saveur désagréable, malsaine et de difficile digestion. D'un autre côté, on lui a attribué des propriétés médicinales. Les opinions partagées, relativement à sa saveur, proviennent des différences mêmes des lieux où ce poisson vit et de ses diffé- rens degrés d'accroissement, etc. Il est vrai que, pris dans des fonds vaseux, sa chair est de mauvais goût ;'mais, vivant dans des eaux vives, la saveur de sa chair est délicate, lors sur- tout que le poisson est gros; il est encore meilleur à l'époque du frai. On le fait cuire sur le gril, après l'avoir écaillé, vidé et lavé. On doit choisir la tanche femelle, surtout en automne et en hiver. Son usage convient aux jeunes gens, à ceux qui font beaucoup d'exercice et qui ont un bon estomac, parce que cet aliment est de difficile digestion et qu'il a besoin d'être for- tement assaisonné. Lémery dit que la tanche a la vie tellement dure, qu'après l'avoir coupée par morceaux et fait frire à demi, elle s'élance encore hors de la poêle* C'est le poisson qui résiste le mieux au charroi, en en exceptant cependant la carpe. Les Persans regardent ce poisson comme sacré et ne per- mettent pas qu'on y touche. Xénophon dit que les anciens Sy- riens regardaient comme des dieux les tanches de la rivière Chelus et ne permettaient pas qu'on les péchât (Anabasis, 1. 1). Tanche de mer (Blenniusphijcis, L. ). Poisson long de dix- huit à vingt-quatre pouces. Sa teinte générale est d'un brun noirâtre. Il vit près des rochers de la Méditerranée ; il est fort commun à Iviça, où] on l'appelle mollera. Sa chair est ferme et délicate : les anciens la recherchaient. Celles qui se nourris- sent dans les marais de la mer ont la chair désagréable, ce qui n'empêche pas le peuple de la manger.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21039264_0746.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


