Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux].
- Aulagnier, A. F. (Alexis François), 1767-1839.
- Date:
- 1839
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Credit: Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples / par A.-F. Aulagner ; Precédé de Considérations génerales sur la nourriture de l'homme [par G. Grimaud de Caux]. Source: Wellcome Collection.
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![les restaurans les plus vantés doivent leur efficacité. Les acides, que nous avons confondus avec les aromatiques, parce que ceux-ci, tels que le verjus et le citron, sont autant estimés par leur arôme que par leurs qualités acides, et que le vinai- gre n'est guère employé qu'après avoir été aromatisé soit à l'ail, soii à l'estragon : les acides sont accusés de faire maigrir les personnes qui en abusent. Cela est vrai en général, et le vinaigre est assez employé par les femmes pour éviter les in- convéniens qu'une vie molle et oisive entraîne pour la beauté , qu'elle pousse à une constitution obèse. Mais un pareil avan- tage ne s'obtient qu'aux dépens de la santé générale ; et, sans avoir recours à l'action corrosive des acides pour rendre rai- son de leur action particulière , il doit suffire de savoir que le vinaigre et les autres assaisonnemens de cette nature agacent l'estomac sans exciter l'appétit, et empêchent celui-ci de se manifester à un degré convenable pour satisfaire aux besoins de la nutrition. § IV» de l'heure des repas et de l'ordre dans lequel LES ALIMENS DOIVENT ÊTRE PRIS. 11 semble naturel de manger quand on a faim, comme il Test de boire quand on a soif; c'est ainsi qu'en usaient sans doute nos premiers pères. Mais la civilisation a changé tout cela. Les anciens avaient à cet égard des coutumes qu'il n'est pas inutile de faire connaître. Ils faisaient un grand usage de la gymnastique et des bains, et leurs repas étaient subordonnés à leurs habitudes, sur ce point. C'est l'usage des bains*, géné- ralement suivi par toutes les classes de citoyens à Rome, qui donna naissance au souper, à la cène, qui était le repas du soir, le repas principal, que Ton prenait étant couché sur des lits {triclinium). Les autres.repas ne pouvaient être que légers pour des hommes qui devaient se baigner le soir et partager leur journée entre les affaires et les exercices. L'heure de la cène était également bien choisie sous le rap-» port de la santé. Elle répondait d'une part à l'issue des af- faires , c'est-à-dire au moment où l'homme, fatigué des mou- vemens de la journée, s'était délassé dans le bain à laide des pratiques qu'on y mettait en usage pour faciliter et compléter les évacuations cutanées, et avait achevé ainsi la dépuration journalière du corps ; et d'une autre part, celte heure répon- dait aussi à l'instant où la liberté du corps et de l'esprit était aussi entière qu'elle pouvait l'être. Alors l'oubli légitime de tous les soins du jour, permettait à la gaîté un abandon sans réserve. Ce long repas de la cène était suivi du sommeil de la nuit, Ainsi, dans cet ordre, tout favorisait la digestion des [61 ]](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21039264_0077.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


