Volume 1
Supplement au grand dictionaire historique genealogique, geographique, &c / Pour servir à la derniere edition de l'an 1732, & aux precedentes.
- Louis Moréri
- Date:
- 1735
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Credit: Supplement au grand dictionaire historique genealogique, geographique, &c / Pour servir à la derniere edition de l'an 1732, & aux precedentes. Source: Wellcome Collection.
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![de fa patrie, ôc paffà en Allemagne, y fut obligé de fortir de fon rang , & de fon caraétere, & Ce mêla de plufieurs affaires qui lui en attirerenr dans la fuite de très-fàcheufes. On ne peut y penfer fins douleur, parce que c croit un beau génie, & qu’il avoir une érudition peu commune. Il fut à peine de retour à Paris qu’on le conduifit dans l’abbaye de faint Gcrmain-des-Prés en 1673. où le prieur lui mon¬ tra l’ordre du roi qui lui commandoit de le retenir dans cette maifon. Cinq mois après il fut exilé à faint Benoît fur Loire, Ôc à la fin de Janvier ré74. il fut conduit par ordre du roi dans la maifon de faint Lazare de Paris, où il étoit encore en 1690. Quelques années avant fa mort il eut ordre de fe retirer en l’abbaye de faint Severin de Château-Landon , où il mourut le 17. d’Avril 1698. & où il eft inhumé. Quoique dans prefque tous les écrits en proie & en vers qu’il a compofés à faint Lazare, il rejette la caufe de fa détention & de fa captivité fur fes ennemis, Sc en particulier fur fa famille, la vérité cependant lui arra¬ che fouvent dans ces mêmes écrits bien des aveux qui ne lui font nullement favorables, principalement dans fon ode à M. l’abbé de la Ferté, & dans fon poëme plus que bur- lefque fur les foux de faint Lazare. L’ouvrage qui l’occupa le plus durant cette longue captivité eft une°prétendue hi- ftoire du Janfenifme dont le titre eft auftî fingulier que l’ouvrage. Voici ce titre en entier: Le roman véritable \ou Vhiftoire fécrete du fanfewfme, dialogues : de la com^ofiition de M. de Mdome, ( Lomenie ) fire de Nebnne, ( Brienne ) baron de Menterejfe & autres lieux, bachelier en théologie dans l'umverfité de Mayence , aggrégé doéleur en médecine dans celle de Padoue , (fi licentié en droit canon de la faculté de Salamanque , maintenant abbé de faint Léger, habitué à famt Laz.are depuis onze ans, en 1 6 8 $. Cet ouvrage qui n’a point été imprimé , eft un compofé en neuf livres de profe Ôc de vers, où l’auteur loue tantôt avec profufion ceux qu’un moment après il accable d’injures, & où il fait de très-fréquentes digreftîons qui roulent prefque toutes fur fes propres malheurs, ôc fur des avantures originales qui n’ont aucun rapport avec fon fujet. Du refte quiconque pourroit en féparer le (erieux du comique qui y domine, comme il l’avoue lui-même, pourroit apprendre plufieurs anecdotes curieufes ôc utiles pour l’hiftoire de ce tems-là. L’abbé Caffagnes qui vécut pendant quelque tems avec lui a faint Lazare, ou 1 affoibliflement de fon efprit avoit con¬ traint de le faire enfermer, a revu les trois premières par¬ ties de ce roman ; mais l’auteur le retoucha depuis, ôc le mit en l’état dont nous venons de parler, l’ayant achevé le Mercredi faint 29. de Mars 1684- Ainfi le titre que nous venons de rapporter eft encore poftérieur. Il fit encore pen¬ dant fon féjour à faint Lazare les mémoires de fa vie, dont le manuferit contenoit, dit-il, plufieurs volumes in fol. Ver- ■ faMes, poëme en vers françois où il décrit les beautés de ce lieu , 6c s’étend beaucoup furies louanges de Louis XIV. des épîtres en vers à M. le marquis de Seignelay, à M. l’abbé Ménagé , ôc à d’autres pour les engager à demander fa li¬ berté, & un grand nombre de poëfies françoiles qui n’ont point été imprimées, car, comme il le dit, il riuioit pref¬ que toujours : r Le vain plaifr de la rime M'a feul rendu criminel ; Ce fut le fang maternel Qui tranfmit en moi ce crime. Ma mere avoit de la voix, Et fe plaifoit quelquefois A faire des chanfonettes. Son efprit mit dans mon corps Lie frit qui fait les poètes , Et m'injpira leurs accords. Ainfi j'appris fans étude Cet art qu'on pnfe fi peu , Et mon e/prit tout de feu En contraéla l'habitude, fa nmots fans le figavoir, Et du matin jufquau foir fa ne fufois autre chofe. Toujours bouilloit mon cerveau, Supplément, L ON 272 Et croyant parler en profe, te f°t mois quelque air nouveau. datée deCf!iTï * ^ Pciïault’de ,acadd™'e Francoife, datée de faint Lazare le 10. de Juin 1686. il dit lui-même Tanf nT K C(?mP0^ d<^s ce tcms-la, outre fon roman du un endme> les Georgiquesde Virgile en vers françois volume de fatyres, quatre livres d’odes, un dapodes’ un recueil fort gros de contes & d’épigrammes, un line de’ grcts en fonnets, & un autre de Rondeaux, (ans compter MVpe?rauhC ) D°nf jC pU'S VtH,s offlir> d'Ml „ fort ' ! 5 u ngt volumcs w-foL donc le principal eft „ c de VI^re chrétiennement, ôc mon roman du Tanfe- , mfme ’ ?U1 eft h,ne imitation de D. Quixotte de Cer- „ lT vérité r COnpqUeft.t f°rt proPre d faire connoître crue) un volume de poefies latines, trois volumes yn fol.des mémoires de ma vie, un volume de mes lettres - aunes en profe. » Il faut y ajouter un gros traité intitulé , De la cunofite, qu il avoit compofé à Sewrin pour Chri- re™<wfr*l™bour8-aF^ duquel ,1 s'écoit r I 6J .'Cc traiteeft encore adrefTé au même M.Per- u t avec la lettre dont on vient de parler. Cet écrit roule PT’m S”™1’ ,'archi-^urc.la peiner“£ ™, rts Noi,s y avon! ,rové bicn «fe E“î'& deStmts c“tKl“ f“r Ihiftoîre de ces différais a ts.fc.nhn nous connoiffbns des ouvrages de M. de Lomenie mWdC' P 3 bauil,e de Sencf’ adrefTèe à Uranie, & im- P a 1 aus ’ ^hcz Muguet : la préface des Eamtlu Ro- ZIsderT^ t ?^deS PJadn : d« poëfies la. DELENFT^ Madelcnet, donnée en 1662. Voyez MA- DELENET : ôc une réfutation de la Laponie de Scheffer, TITrT,’ ve'nfaLîe de u‘ L«rome °pp°faa Mt. Jtoire fabuleufe de Jean Scheffer.SCHEFFER. Cette réfutation eft manuferite. A l’égard des poëfies latines im¬ primées de M de Lomenie, & de la relation latine de quelques-uns de fes voyages, auftî imprimée, les feuls ou¬ vrages de c et abbé dont on parie d fin article dans le diého- nairehifionque, il y en a qui prétendent ( & c’étoit l’opinion de Chapelain ) que lespoelies font du pere Coffart, Jéfuite, ôclitineranum de Benjamin Priolo, mais nous n’en ayons point de preuves. ^ GOMEERv^le. Dan$ T ArnMd> tome 8. on en trouve une adrefïèe à M. de Lomenie en 1 6 64. LONDRES (Société royale de) C’eft le nom que l’on donne a une fçavanre académie établie dans la ville de Londres qui doit fon origine à des aftèmblées particu¬ lières de quelques fçavans qui fe firent d’abord à Oxford dans la maifon de M. Wilkins, alors chef du collège de Wadharn a Oxford. MM. Robert Boy le, Jean Wallis, Thomas Willis, ôc plufieurs autres moins connusen France, ferendoient a ces affemblées. Ce qui y occupoit le plus con- fifto.ten des expériences de chimie, ou de méchanique. Les affaires de letat ayant occafionné en 1658. la difper- J,on de ]a p'upart de ces fçavans, ceux qui fe retirèrent à Londres y renouèrent leurs liaifons ôc leurs affemblées. Us je trouvèrent deux fois chaque femaine au collège de Gref ham, ôc leur nombre s’accrut beaucoup en peu de tems. Les agitations du royaume ne firent que fufoendre de nou¬ veau leurs affemblées. Sous Charles IL mylord Clarendon les a- /a de fon crédit, ôc le roi leur donna des lettres patentes des l’an 1 660. par lefquelles il érigea leur com¬ pagnie en académie fous le titre de Société royale desfciences. On fit voir au roi quel étoit le plan des occupations de cette jocieté : c étoit de recueillir de fidèles mémoires de tous les ouvrages de la nature & de l’art, ê la connoifïànce des¬ quels on peut parvenir ; de rétablir les vérités qui avoient paru négligées , d’en féparer les préjugés & les abus en les faifant connoître & en les réfutant. Charles II. fe déclara le fondateur & le proteéleur de cette focieté, en nomma lui- meme les premiers membres , & y admit tout ce qu’on lui fit connoitie de meilleurs efprits dans fon royaume, ôc quel¬ ques étrangers d un mérite très-diftingué. Le nombre des membres de cette focieté n’eft point fixe. On voit par la lifte de 1724. quelle étoit compofée alors de deux cens- dix-fèpt perfonnes des royaumes d’Angleterre , d’Ecoffè ôc d Irlande, ôc de foixante-quatre étrangers : parmi les uns ôc *MM](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30457725_0001_0793.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


