Le muséum d'histoire naturelle : histoire de la fondation et des développements successifs de l'éstablissement, biographie des hommes célèbres qui y ont contribué par leur enseignement ou par leurs découvertes, histoire des recherches, des voyages, des applications utiles auxquels le muséum a donné lieu, pour les arts, le commerce et l'agriculture, description des galeries, du jardin, des serres et de la ménagerie / par M. P.-A. Cap.
- Paul-Antoine Gratacap
- Date:
- 1854
Licence: Public Domain Mark
Credit: Le muséum d'histoire naturelle : histoire de la fondation et des développements successifs de l'éstablissement, biographie des hommes célèbres qui y ont contribué par leur enseignement ou par leurs découvertes, histoire des recherches, des voyages, des applications utiles auxquels le muséum a donné lieu, pour les arts, le commerce et l'agriculture, description des galeries, du jardin, des serres et de la ménagerie / par M. P.-A. Cap. Source: Wellcome Collection.
33/521 (page 11)
![mSTÜllllî. - 1C3.'3-173Î). 1' la mort de Louis XIV, il se démit do sa place do premier médecin en faveur do Poirier, et il se retira au Jardin, où il mourut en 1 /18 , a 1 ApO de (juatre-vingts ans. Le premier savant (pie rappelle le souvenir de Fagon, est Joseph Pitton de Tournefort, né à Aix-en-Provence, en 165C, avec des dispositions prononcées pour les sciences, et surtout pour la botaniciue. 11 fut cependant destiné d’abord à la théologie; mais, son père étant mort lors(pi’il n’avait encore (lue vingt et un ans, il se dirigea vers l’étude de la médecine, entraîné par son penchant naturel, comme par l’exemple d’un de ses oncles, médecm distingué. Tournefort a\ ait toutes les (pialités indispensables au naturaliste. 11 était d’un tempérament vif, allègre, laborieux, robuste. Livré à son étude favorite, il parcourut d’abord les montagnes du Dauphiné, de la Savoie, et en rapporta les éléments d’un herbier magnifique, qu’il ne c(îssa d’enrichir pendant tout le cours de sa vie. L’année suivante, il alla à Mont[)ellier, où il se lia avec le professeur Magnol, et [)arcourut avec lui tous les environs de cette ville savante. Il visita ensuite les Pyrénées et la Catalogne, non sans courir dans ses pérégrinations quehpies dangers, et sans supporter des privations assez dures; mais déjà suivi f)ar quel(|ucs étudiants, auxcjuels il inspirait le goût do la botanbiuo, en kmr explûiuant l’anatomie des [liantes, et jetant dans ces leçons familières les premières bases d’une classification à la([uelle son nom est resté glorieusement attaché. A son retour en France, en 1G8I, il jouissait déjà d’une certaine renommée, et Fagon, à (pii elle parvint, lui offrit aussitôt un emploi au Jardin Royal. Dès (pi’il le connut, il le chargea de le sup[)léer dans ses leçons, et, ([uebjues années après, il se démit en sa faveur de sa chaire de botani(pie. Tournefort avait alors vingt-six ans. En IG88, il alla en Espagne, en Portugal, en Andalousie, jiour y étudier les palmiei's. Il fit aussi un voyage en Angleterre et en Hollande, Hermann, professeur de botain([ue à Leyde, lui proposa de lui céder sa chaire; Tournefort n’accepta point; il revint à Paris, entra à l’Académie en 1G94, et, trois ans après, il publia son premier ouvrage , intitulé : Éléments de botanique. 11 y avait près d’un demi-siècle ([u’André Césalpin avait imaginé l’un des premiers, pour la classification dos [)lantes, une méthode fondée sur les caractères do la fleur et du fruit. Conrad Cossner et Lobel, de Lille, avaient aussi eu l’idée de l’association des plantes par familles naturelles, et même celle do la grande division des monocotylédonées et des dicoty- lédonées ([ui, [)our les végétaux, répond à celle des vertébrés et des invertébrés dans le règne, animal. Césal[)in avait fait faire aux méthodes un pas encore plus considérable : il avait distingué nettement les sexes des [)lantes et établi la première distribution fondée sur l’ensemble des caractères tirés do l’organisation. Lu [leu plus tard. Fabius Columna, s’appuyant sur les travaux de C. Cessner et de Césalpin, [)roposa une méthode un peu |)lus développ(’;o, fondée également sur la considération du fruit. Enfin, Morison, Rivinus, Jean Ray et Magnol avaient aussi avancé la science, sous ce rapport, par des a|)plications [dus ou moins étendues des rm'mes [)rinci[)Os. C’est à ce moment ([ue [)arut Tournefort; mais, le premier, il subordonna les diverses parties et les |)rinci[)aux caractères dos |)lantes à un ordre d’im[tortance relative, (]ui fit faire un |)as énorme à la [diiloso|)bie de la science. Il répartit ensuite tous les v(*gétaux connus en vingt-deux classes, .subdivisées elle.s-m('mes en sections et en ordres. Dans les classes, il s’ap[)uya surtout sur la forme de la fleur, de la corolle (terme heureux, créé jiar F. Columna) ; dans les subdivisions, il considéra la fleur, le fruit, la disposition des fleurs et des fouilles, enfin tous les caractères secondaires ou accessoires. l’aide de cette classifica- tion, il put dt-jà décrire .sept cents genres et près de dix mille espèces végétales; il émit sur (|U(;l(|ues grandes familles dos idées générales, (|ui sont restées dans la science; enfin, l’en- semblo de son système, ([ui précéda de ([uarante ans l’apparition do celui de Linné, donna à la botani(|ue la |)lus forte irn[)ulsion que cette science eût encore reçue dans les temps modernes. Touriuîfort publia, en 1G98, un second ouvrage, VHistoire des plantes des eircirons de Paris, dont le s’iccf's le détermina, deux ans après, à en publier une traduction latine, sous le titre do : Institationes rei herbariæ, en 3 vol, iu-i. Ce fut à l’épo([uo même de cette publication](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24879460_0035.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)