Le muséum d'histoire naturelle : histoire de la fondation et des développements successifs de l'éstablissement, biographie des hommes célèbres qui y ont contribué par leur enseignement ou par leurs découvertes, histoire des recherches, des voyages, des applications utiles auxquels le muséum a donné lieu, pour les arts, le commerce et l'agriculture, description des galeries, du jardin, des serres et de la ménagerie / par M. P.-A. Cap.
- Paul-Antoine Gratacap
- Date:
- 1854
Licence: Public Domain Mark
Credit: Le muséum d'histoire naturelle : histoire de la fondation et des développements successifs de l'éstablissement, biographie des hommes célèbres qui y ont contribué par leur enseignement ou par leurs découvertes, histoire des recherches, des voyages, des applications utiles auxquels le muséum a donné lieu, pour les arts, le commerce et l'agriculture, description des galeries, du jardin, des serres et de la ménagerie / par M. P.-A. Cap. Source: Wellcome Collection.
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![12 PIIK-MIÈRE PARTIE. (|uü, sur la proposition do Eagon et du cliancelier de Poutchartrain, il fut chargé de faire un voyage eu Orient, accompagné du peintre Aubriet et du docteur (iuiidelslieimer. Parti do Marseille en mars 1700, il visita Candie, l’Archipel, Constantinople, l’Arménie, la Céorgie, le mont Ararat, et revint par l’Asie-Mineure, qu’il traversa, en visitant Angora, Pruse, Smyrne et Ephèse. Outre les plantes nouvelles qu’il avait recueillies et qui s’élevaient au nombre do treize cent cimiuante-six, il rapportait aussi des minéraux, des fragments d’anti<iuités, et une foule d’objets naturels extrêmement curieux. Il arriva ù Marseille eu Juin 1702, et se mit aussitôt à rédiger la relation do son voyage, (]ui fut inqtrimée en 2 vol. in-1, mais dont le second ne parut qu’en 1717, après sa mort. 11 est intitulé : Vuijage dans le Levant. C’est un monument scientifique des plus reimmfuables; il contient, en outre, des détails littéraires et archéologi(juos du [)lus grand intérêt. A son retour, Tournefort fut nommé professeur do médecine au collège de France. Il mourut en 1708, à l’Age do cinquante-trois ans, dos suites d’un violent cou[) (pi’il avait reçu dans la poitrine, frappé, comme l’avait été Morison, par le timon d’une voitunï. Il possédait un fort beau cabinet d’bistoiro naturello (pi’il légua au Roi, et une nombreuse bibliotbè(iuo qu’il donna à l’abbé Rignon, inspecteur de l’Académie. Plumier a consacré à Tournefort lo genre PUtonin (Rorraginées), <pie binné a changé eu celui de Tourneforlia. Tournefort était à la fois botaniste, physicien, chimiste et anti(iuaire. Il était très-éniidit, avide do sciences, ardent et inti’épide dans .ses recherches. Dans le cours do son voyage aux Pyrénées, il fut souvent attaipié et dévalisé par les Miquelets. Luc fois, enbjrmé dans une mauvaise cabane, où il se proposait de i)as.ser la nuit, le toit s’en écroula sur sa b'to, et il domenra enseveli sous les ruines, dont il parvint à se dégager i>ar ses efforts. Dans son voyago ilans le Levant, il donna beaucoup do prouves do sa force comme de son courage. Son carac- tère était doux et modeste. Malgré sa gloire réelle, ou [»lut(')t à cause de sa gloire, il ne fut pas à l’abri des atta([ues de .ses rivaux. Jean Ray, mais surtout Sébastien Vaillant, l’épargnè- rent peu. Ce dernier, dont nous aurons bientôt à parler, était pourtant son élève et fut un botaniste de grand mérite. Tournefort ne^so défendit <pie par lo silence, et poussa mémo la gén('îro.sité Jusqu’à d(jdier à son antagoniste un genre, sous lo nom de Vaillantia. Celui-ci no l’accepta point et essaya do lo changer; mais Linné lo rétablit et, sous l’autorité do ce grand homme, les botanistes modernes l’on conservé définitivement. Pendant l’absence de Tournefort, son cours du Jardin du Roi fut fait par Morin, de l’Aca- démie des sciences, que Fagon estimait beaucou[). Louis Morin était médecin de M® de Cui.se et do ril(itol-l)iou. Il était aussi charitable que laborieux et sobre. Il vécut toute sa longue vii? comm(? un anachorète, au régime du pain et de l’eau, auquel il ajouta seulement, en avançant en Age, un pou de riz et une petite dose de vin. Du reste, il déposait avec autant d’exactitude (|ue de mystère, dans le tronc do l’IItitol-Dieu, son traitement et ses économies, u payant en (juclque sorte les pauvres pour les avoir servis. » Il laissa toutefois une hihliothèiiue d’une certaine valeur. (( Sou esprit, dit Fontenollo, lui avait plus coûté à nourrir que .son corps. » Exemple remanpiahlo d’une certaine longévité (car il mourut à (luatre-vingts aius), malgré une constitution débile, par la seule influence du régime, du goût de la .science et de la sagesse. Morin no sortait guère do chez lui (pie pour vi.sitor des malades, pour aller à l’Académie ou pniu’ faire son cours. Aussi avait-il peu de relations et ne les recherchait point. <( Cenx qui viennent me voir, disait-il, me font honneur; ceux qui ne viennent pas me font plaisir. Fagon, nous l’avons dit, avait fait choix de Sébastien Vaillant pour diriger les cultures au Jardin du Roi. Vaillant, né en 1(509, à Vigny, jirès do Pontoise, n’avait pas commencé par l’étude des sciences; il avait été d’abord organiste, mais un pi'nchant naturel lo portait viirs la médecine. Il pratiqua quchpie temps la chirurgie à Evreux, [)uis à l’armée, et assista, en 1090, à la bataille de Fleurus, où le duc de Luxembourg défit les troupes do la ligue d’Augs- bourg. Do retour à Paris, et nommé chirurgien de l’IhMel-Dieu, les leçons de Tournefort réveillèrent son goût pour la hotanicpie. Il travailla avec lui à VHistoire des plantes des environs](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24879460_0036.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)