Le muséum d'histoire naturelle : histoire de la fondation et des développements successifs de l'éstablissement, biographie des hommes célèbres qui y ont contribué par leur enseignement ou par leurs découvertes, histoire des recherches, des voyages, des applications utiles auxquels le muséum a donné lieu, pour les arts, le commerce et l'agriculture, description des galeries, du jardin, des serres et de la ménagerie / par M. P.-A. Cap.
- Paul-Antoine Gratacap
- Date:
- 1854
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Credit: Le muséum d'histoire naturelle : histoire de la fondation et des développements successifs de l'éstablissement, biographie des hommes célèbres qui y ont contribué par leur enseignement ou par leurs découvertes, histoire des recherches, des voyages, des applications utiles auxquels le muséum a donné lieu, pour les arts, le commerce et l'agriculture, description des galeries, du jardin, des serres et de la ménagerie / par M. P.-A. Cap. Source: Wellcome Collection.
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![mot, son œil et sa main, tout en lui laissant dans l’œuvre commune la part la plus brillante et la plus glorieuse. Buffon trouva tout cela dans son jeune ami, et peut-ôtre plus encore qu’il n’avait espéré. Daubenton (L.-.I.-Marie), né à IMontbard, en 1716, était fils d’un notaire de cette ville. Il s’était distingué dans ses premières études, et, venu à Paris pour s’y livrer à la théologie, il avait suivi en secret les cours de médecine; il était au .lardin du Roi l’auditeur le plus assidu des leçons de \\'inslow, de Hunauld et d’Antoine de Jussieu. La mort de son père l’ayant laissé libre de choisir sa profession, il alla se faire recevoir docteur à Reims, et revint à Montbard l’année suivante pour y exercer la médecine. Buffon ne devait pas l’y laisser longtemps. 11 l’engagea à venir à Paris à la fin do 17-12; dès l’année 17-15, il le fit nommer garde et conservateur du cabinet du roi, à la place de Noguez, qui s’était retiré en province. Dès ce moment, les col- lections prirent une nouvelle physionomie; jusque-là, ce n’était proprement (pi’un droguier, auquel on avait joint des pierres précieuses et des coquilles tirées de différentes sources ; Daubenton en eut bientôt fait une véritable collection d'histoire naturelle, et la plus riche qui existât encore. 11 ne s’appli<iua plus uniquement à recueillir des échantillons rares et singu- liers , mais à réunir tous les objets analogues et à compléter les séries. L’étude et l’arrangement de ces matériaux devinrent pour lui comme une sorte de passion. A mesure que leur nombre s’accrut et qu’ils furent mieux disposés, le public lui-mème y attacha plus de prix ; quelques particuliers s’emi»ressèrent d’offrir au cabinet leurs collections privées. On découvrit, on perfectionna les moyens de conserver les cor{)S organisés. Daubenton s’enfermait des journées entières dams les galeries pour étudier et classer toutes ce.s richesses, et les jours où elles étaient ouvertes au public, il se plaisait à les montrer et à les expliquer aux curieux. Mais ce n’est pas là que se bornaient ses travaux et l’utile secours (pi’attendait Buffon de son savant compatriote. Avant de commencer ta publication de son immense ouvrage, il fal- lait tout revoir, tout observer ; il fallait reprendre en sous-œmvre tout le travail des siècles précédents. Dans cette grande entreprise il s’était réservé la distribution du plan, l’exposition des généralités, les vues systématnpies, la peinture des grands effets de la nature; à Daubenton furent attribués le travail des recherches, la partie anatomique et descriptive, les détails exacts et précis, les observations minutieuses. Ces deux hommes de génie, se complétant ainsi l’un par l’aulre, avancèrent lentement, mais à pas certains, dans la vaste carrière (ju’ils s’étaient ouverte, et, en 1719, dix ans après l’avénemcnt de Buffon à l’administration du Jardin du Roi, ils publiaient ensemble les trois premiers volumes de VHistoire naturel]e, magnifique prcMlrôme de l’ouvrage ipii devait tous deux les immortaliser. Les chaires continuaient d’ètre occupées par les professeurs que Dufay y avait laissés, et dont quelques-uns de ceux-ci étaient déjà les titulaires sous ses prédécesseurs. Dans* les pre- mières années de son administration, Buffon eut le regret de perdre plusieurs de ces hommes dont les talents, comme le caractère, faisaient riionneur du professorat : Boulduc fils et lluuauld s’éteignirent la même année, en 1742; Louis Lémery mourut l’année suivante, et Duvemey neveu en 1749. Ces pertes importantes amenèrent de grandes modifications dans l’enseignement du Jardin du Roi. Lémery fut remplacé par Bourdeliu, et Boulduc par Rouelle; le premier comme professeur, et le second comme démonstrateur de chimie. Le nom de Bourdelin est celui d’une de ces familles (pu, au xvii* et au xviii® siècle, occu- [lèrent un rang si honorable dans les sciences médicales et perpétuèrent dans leur descendance les traditions ainsi que le goût des études scientitifiues. Telles furent les familles des Lémerv, des Jussieu, des Boulduc, îles Bourdelin, des Geoffroy, des Brongniart, des P’ourcrov, qui toutes se distinguèrent aussi dans le professorat, contribuèrent surtout aux progrès de la chimie, et dont l’origine, on nous permettra de le remarquer, se rattache à la pharmacie. L’aïeul de (daude Bourdelin, né à Villefranche en Beaujolais, était apothicaire à Paris, et fit parti des premiers savants choisis [lar Colbert pour former le premier noyau de l’Académie. Ses deuÿ fils appartinrent, l’un à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, l’autre à l’Académie D](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24879460_0059.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)