Le muséum d'histoire naturelle : histoire de la fondation et des développements successifs de l'éstablissement, biographie des hommes célèbres qui y ont contribué par leur enseignement ou par leurs découvertes, histoire des recherches, des voyages, des applications utiles auxquels le muséum a donné lieu, pour les arts, le commerce et l'agriculture, description des galeries, du jardin, des serres et de la ménagerie / par M. P.-A. Cap.
- Paul-Antoine Gratacap
- Date:
- 1854
Licence: Public Domain Mark
Credit: Le muséum d'histoire naturelle : histoire de la fondation et des développements successifs de l'éstablissement, biographie des hommes célèbres qui y ont contribué par leur enseignement ou par leurs découvertes, histoire des recherches, des voyages, des applications utiles auxquels le muséum a donné lieu, pour les arts, le commerce et l'agriculture, description des galeries, du jardin, des serres et de la ménagerie / par M. P.-A. Cap. Source: Wellcome Collection.
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![2fi PRKMlknK l’MlTlK. (les St'iencps. Ce dernier fut le père de Claude Hüui’dclin, nommé professeur de cliimie au Jardin du Roi, à la place de L. Lémery. Rourdelin était partisan, comme son prédécesseur, de la chimie de Charas et de Nicolas Lefebvre. Dt'jà Agé de (luarante-sept ans, (juand il entra en fonctions, et d’ailleurs livré à une pralirpie médicale très-étendue, il lit peu d’efforts pour se tenir au courant des nouvelles théo- ries de la science. Itouclle, au contraire, imbu des systèmes de Beccher et de Stahl, faisait assez peu de cas de la chimie do l’épo(pie précédente. Il on résulta, comme nous le verrons bientôt, une singulière discordance entre les leçons de Rourdelin et les (îxpériencos du démon- strateur, ItMjuel ne se faisait pas scrupule de renverser les arguments du profess(>ur et de se complaire dans son triomplie, aux yeux de son auditoire. Rourdelin n’y mettait du reste aucun obstacle, seulement il cessa d’écrire sur la science et se fit plus souvent remplacer dans son cours par Malouin, d’abord, et ensuite par Mact-iuer, (pii devait lui succéder, l n motif hono- rable l’avait porté à se vouer principalement à la prati(]ue médicale. Sa mère avait épousé en secondes noces un dissipateur (pii, en mourant, n’avait laissé (|ue des dettes, pour les(]uelles elle s’était engagiîe. Rourdelin voulut ac(iuitter ces dettes et rendre à sa mère une position indépendante. 11 y réussit à force de travail. Son frère, alors mirieur, réclama plus tard le droit de partager son sacrifice; Rourdelin ne mit aucun orgueil à le refuser. Malheureusement, ce frère, médecin comme lui, et son élève, mourut encore jeune, au moment où il commen- çait à se montrer digne du nom (pi’il portait. Rourdelin mourut en 1777, à l’Age de quatre-vingt et un ans; sa place à l’Académie des Sciences fut remplie par L.-GI. Cadet. Paul-Jacques Malouin, aussi membre de l’Académie, n’ap[tartint jamais au Jardin du Roi comme titulaire, mais il remplaça souvent avec distinction Lémery, Ceoffroy et Rourdelin, son maître et son ami. C’était un homme grave, austère, mais d’un caractère plein de dou- ceur. Il était né à Caen, en 1701, d’une famille distinguée dans h'ciuelle on comptait autant de médecins (pie de magistrats. Son père, conseiller au présidial, l’envoya à Paris pour suivre .ses cours de jurisprudence, mais, entraîné par un penchant irrésistible, le jeune homme se livra exclusivement aux études médicales; en sorte qu’à son retour au pays natal, au lieu d’apporter à son [(ère un titre de licencié en droit, il lui [>résenta le diph'mie de docteur en médecine. Fontenelle, (pii était son parent, l'engagea à revenir à Paris, lui facilita l’entrée do la carrière, en lui ouvrant l’accès de (piehiues maisons ojmlentes, et le fit entrer à l’Académie. Malouin était animé d’un respect sincère pour la dignité médicale. Un personnage éminent, (jui avait suivi longtemps avec exactitude ses indications, et qu’il avait guéri, étant venu le remercier : (( Laws êtes digne d’être malade, » lui dit Malouin. Il ne pardonnait pas à ceux qui, après avoir profité des lumières et des secours de la médecine, tournaient cet art en plaisanierie. 11 dit un jour à l’im de ces incrédules, ou [dutôt de ces ingrats : (( Je sais que (( vous êtes malade et qu’on vous traite mal; je vous guérirai, mais je ne vous verrai plus. » Ce qu’il trouvait de plus digne d’éloges dans Fontenelle et dans ^ oltaire, c’est ([u’ils avaient toujours respecté la médecine. C’est lui qui répondit à quelqu’un qui citait en sa présence les plaisanteries de Molière sur les médecins : (( Aussi, voyez comme il est mort! » Après avoir pratiqué (juelque temps à Paris, où il avait succédé en (juelque sorte à la célébrité de Dumoulin, peu ambitieux d’ailleurs et ami du repos, il acheta une charge de médecin du grand commun à \ ersailles. (( Je veux me retirer à la cour, » avait-il dit à cette occasion; mot bizarre, mais plein de justesse selon ses idées. Malouin était laborieux, éco- nome, désintéressé. 11 avait écrit pour l’encyclopédie et [)our les collections acad(‘mi(pies l’art du boulanger et du vermicellier. Queh[ues années [dus tard, Parmentier ayant criti([ué ces écrits dans une lecture à l’Académie, Malouin vint à lui et le fécilita, en ajoutant : (( Vous (( avez mieux vu ([ue moi. Monsieur. » Malouin fonda un prix à la Faculté de Mialecine pour l’éloge de l’un de ses membres; éloge qui devait être prononcé cha([uo année à la séance d’ouverture. Il mourut en 1778, à l’Age de soixaute-di.x-sept ans. Il fut remplacé à r.Vcadémie des Sciences par Lavoisier.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24879460_0060.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)