Les névroses traumatiques, étude pathogénique & clinique / par le docteur Crocq fils.
- Crocq, Jean, 1868-
- Date:
- 1896
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Credit: Les névroses traumatiques, étude pathogénique & clinique / par le docteur Crocq fils. Source: Wellcome Collection.
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![descente, vint le heurter violemment dans le dos, liii fit perdre l'équilibre et l’entraîna la tête en avant à une profondeur de 3 à 4 mètres. » Aussitôt après la chute. Sébastien D.... croit avoir perdu connaissance pendant peu de temps. 11 se rappelle que quand ses camarades, accourus pour lui porter secours, voulurent le relever, il ne put se tenir debout : il était paralysé des bras et des jambes, alors que l’intelligence et la parole étaient normales. » Un médecin requis en toute hâte le fit transporter à l’hôpital de Nivelles, où il garda le lit pendant une huitaine de jours. Au dire du malade, jamais il n’y a eu de fièvre ni de délire ; pas d’écoulement de sang, ni des oreilles ni du nez. pas de rétention d’urine ni de matières fécales; insomnie com- plète; douleur dans le dos et les reins à la ])artie contusionnée; appétit bon. On est obligé de le nourrir et de le traiter çomme un j)aralytique. )) Vers le neuvième jour, il essaya de s’asseoir dans un fauteuil, ()uis de se tenir debout et de faire quelques pas en étant soutenu L’amélioration- fut assez rapide, puisque le treizième jour après l’accident, il quitta l’hôpital en s’appuyant sur le bras de sa femme et d’une autre personne, et put ainsi péniblement gagner son foyer. » Ce ne fut que deux mois après l’accident que le malade parvint à mar- cher seul, sans autre soutien que celui de sa canne, et à se servir des mains pour porter les aliments à la bouche. Depuis lors, l’amélioration s’accentua de jour en jour et le 4 février, le malade fut en état de venir me consulter à la Policlinique. » Dès son entrée dans la salle des consultations, je remarque dans l’ex- pression du visage un certain degré de fixité et d’égarement qui me fait son- ger immédiatement au masque caractéristique de la maladie de Parkinson. L’attitude des membres supérieurs est également particulière; les bras sont fléchis dans le coude et les mains largement ouvertes sont en quelque sorte étalées sur la poitrine. Les doigts sont en extension, écartés les uns des autres, et la phalange terminale est en hyperextension sur la seconde pha- lange. Je ne constate aucune espèce de tremblement. » Chose importante, il existe par tout le corps et les quatre membres une raideur très accentuée, qu’on ne parvient à vaincre qu’au prix d’un grand eflort. Cette raideur est complètement indépendanie de la volonté du malade; elle entrave la liberté ou mieux l’instantanéité des mouvements sans qu’il existe de véritable paralysie. Quand on demande au malade de lever le bras ou de maicher, il.s exécute parfaitement et avec une facilité qui étonne, quand on songe à 1 eftort qu il faut déployer pour plier passivement le poi- gnet, fléchir les doigts, plier le genou..., en un mot pour changer l’attitude de ce corps, comme soudé ensemble. Cette grande raideur coexiste avec une exagération notable des réflexes rotuliens et périostés. A plusieurs reprises, mais pas constamment, nous avons obtenu le clonus du pied et celui de là rotule à gauche. En dehors de ces symptômes, plus rien à noter; pas d’atro- phie musculaire, pas de troubles de la sensibilité; appétit bon, nutrition également. La \essie et le rectum fonctionnent normalement.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b2808410x_0139.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)