Volume 2
Leçons du mardi à la Salpêtrière : policlinique 1888-1889 / Professeur Charcot ; notes de cours de MM. Blin, Charcot [fils], Hentri Colin.
- Date:
- 1889
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Credit: Leçons du mardi à la Salpêtrière : policlinique 1888-1889 / Professeur Charcot ; notes de cours de MM. Blin, Charcot [fils], Hentri Colin. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![doiiter de chercherle sommeil.«Je vois, dit-ilsouvent,presque toutes les nuits une main qui m’etreint la gorge et qui m’etrangle ; alors jeme reveille tout k coup, plein d’effroi et je ne puis plus dormir. Souvent aussi,il me semble que je suis pres d'un precipice vers lequel je suis entrain^ et oii je tombetoujours dll c6te gauche : autrefois_, avant mon accident^ je ne revais jamais ; depuis, presque chaque nuit, je fais les reves que je viens de vousdire.» Nous mettons entre les mains du sujet qui ne presente aucune trace de pa- ralysie soit dans les membres inferieurs, soit dans les membres superieurs et qui peut executer, a I’aide de ces membres, tous les mouvements qu’on lui commande de faire, un dynamometre. L’instrument presse aussi fort que possible donne 18, 20 de la main droite, bien qu’il s’agisse d’un sujet admirablement muscle, autrefois fort vigoureux et qui, dans les conditions normales, devraitdonner au moins 80°. II y a done a signaler deja chez notre homme une veritable asthenic neuro- musculaire. — Voici I’expose d’une serie d’autres phenomenes que notre en- quete nous a permis de relever. 11 se plaint de souffrir constamment de la tete qui lui parait enserree comme dans im casque de plomb, surtout dans la region occipitale et en avant vers les bosses frontales. 11 a de la confusion dans I’esprit ; il ne sesouvientplus ; sans douteil n’ajamais eteuneforte tete, mais depuis I’accident il setrouve encore amoindri. — 11 n’a plus de courage^ plus de volonte^ plus de goiit pour le travail et il se fatigue depuis sous I’in- lluence des moindres efforts. Autrefois, malgre sa boiterie d6termin6e par lanevrite sciatique, iltravail- lait encore clopin-clopant tant bien que mal deson metier de terrassier; assez pour gagner sa vie. Il etait gai ou pour le moins il avait de I’entrain. Aujour- d'hui il cst abattu, morne, maussade, incapable de toute initiative. — Ajoutez a ce qui precede qii’apres les repas il se sent gontle^ tourmente par le besoin d’cxpulser des gaz; qu’alors, comme il dit, le sang lui monte a la figure et qu’il devient comme engourdi^ somnolent et vous aurez reuni un certain nombre de caracteres clinicj[ues qui revelent suflisamment chez notre malade I'existence de la neurasthhiie^ comme on I’appelle, affection assez bien deter- minee aujourd’hui symptomatiqiicment, et qui parait, enfin, definitivement installee dans les cadres nosologiques. Yoiis savez que le plus gendralemcnt la nevrose neiirasthenigue sed6ve]oppe hla suite d’exces de tout genre impeu prolonges, dusurmenage intellectiiel cn particulier; aussi chez les enfants est-ce une affection rare, parce que les enfants ne se laissent pas surmener intellectuellement ou, autrement dit, ils savent se soustraire k ce genre de siirrnenage. Iln’enestpasdememedesadultes. Ainsi,quand ils’agit,al’age de 10,17,18 ans, de commencer une carri^re lib^rale, de passer les examens, le baccalaureat, par cxemple, ou ceux qui sont exigds pour etre admis dans uneecolc speciale, alors la neurasthenic se montre fr^quente et elle sevit souvent avec force et](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21922093_0002_0037.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)