Volume 1
Traité de physiologie comparée des animaux domestiques / par G. Colin.
- Date:
- 1854-1856
Licence: Public Domain Mark
Credit: Traité de physiologie comparée des animaux domestiques / par G. Colin. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![l'an d'eux donne aux muscles leur faculté conlraclile, tandis que l'aulre donne à la muqueuse la sensibilité générale ou la sensibilité gustalive, etc. : de même pour tous les autres nerfs. J.es anciens avaient beaucoup disserté sur la question de savoir en quoi consiste la digestion : les uns disaient que c'était une coctiou, d'autres une putréfaction , d'autres encore une macération ; leurs hypothèses et leurs disputes ne condui- sirent à rien. Je nie trompe, elles engagèrent les esprits sérieux à rechercher ce qu'il était impossible de deviner; en un mot, elles provoquèrent d'ingénieuses tenta- .tives. Héaumur et Spallanzani firent voir comment il y avait trituration chez quelques animaux, et, chez tous, dissolution des aliments dans un suc sécrété par les parois de l'estomac; ils fondèrent, par là, la théorie de la digestion, en ouvrant de plus cette voie féconde et brillante où sont entrés, avec tant de succès, les physiologistes modernes. On ne savait autrefois en quoi consistait la respiration, et on le cherchait en vain jusqu'au moment où Lavoisier établit qu'elle n'est autre chose qu'une véritable combustion, une combinaison de l'oxygène de l'air avec certains principes du sang, d'où résultent la formation d'acide carbonique, de vapeur d'eau et la production de la chaleur animale, etc. : alors se trouva expliqué un des plus profonds mystères de l'organisme. Que savait-on sur la génération et le développement du fœtus, avant les expé- riences de Fabricius, de Harvey, de Haller, de Spallanzani? sur la reproduction des parties avant Trembley, Réaumur, Jioimet; sur les propriétés des tissus et l'action musculaire avant les travaux de l'école hallérienne; sur la rumination avant M. Flourens; sur le vomissement avant Bayle, Chirac, M. Mageudie? Quelles no- tions précises possédait-on sur l'absorption, les divei'ses sécrétions, les actions nu- tritives, avant tous les ingénieux travaux de tant d'expéi imentateurs? lin voilà assez pour prouver que les expériences constituent le moyen le plus précieux qu'on puisse appliquer à l'étude des phénomènes de l'organisme. Mais comment faut-il employer ce moyen puissant d'investigation ? Dans quelles circonstances, avec quelles précautions, chez quels animaux? Ou, en d'autres termes, quels doivent être les principes et les règles de l'art expérimental ? Ques- tion épineuse, s'il eu fut, quoique résolue en partie implicitement par les grands travaux de la science moderne. De même qu'on a fait des vers, bâti des palais, construit des machines avant de connaître les règles de la ])oésie, les principes de l'architecture, les lois de la mé- canique (1), de même aussi, on a fait des expériences avant de se demander suivant quelles règles elles devaient être conçues et exécutées. Le génie du poète, du mécanicien, du physiologiste, trouvait spontanément ces principes, ces règles, et agissait en conséquence. Plus tard, on essaya de les formuler, afin que les ré- sultats heureux d'une foule de tentatives, de combinaisons préméditées ou dues au hasard servissent de guide et d'enseignement dans l'avenir. Mais tous les arts ne reposent pas sur des principes également faciles à établir et à comprendre. Celui de l'expérimentation est peut-être celui qui olVre le plus de (I) M. Uiiinard , Trailc de pathologie géiuh-nh' vclériiidirc. Lyon, ISiO.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21984499_0001_0045.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)