Nouveau manuel du vétérinaire, contenant la connoissance générale des chevaux ... la description de leurs maladies et les meilleurs modes de traitement ... / par M. Lebeaud, et par un ancien professeur de l'École Vétérinaire d'Alfort [P.I. Vatel].
- Nicolas Lebeaud
- Date:
- 1838
Licence: Public Domain Mark
Credit: Nouveau manuel du vétérinaire, contenant la connoissance générale des chevaux ... la description de leurs maladies et les meilleurs modes de traitement ... / par M. Lebeaud, et par un ancien professeur de l'École Vétérinaire d'Alfort [P.I. Vatel]. Source: Wellcome Collection.
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![i celui de la douleur. Ces diverses inflexions de voix sont ac- < compagnées d’autant de démonstrations extérieures qui les i rendent plus expressives. Les chevaux qui hennissent fré- quemment d’allégresse ou de désir, passent pour les meil- 1 leurs et les plus généreux ; les chevaux entiers ont la voix ] plus forte que les hongres et les jumens. Le cheval est, sans contredit, le plus utile des animaux i domestiques, et l’immortel Buffon le proclame la plus belle i conquête de l’homme. La possession de ce précieux animal est d’un avantage irn- i rnense pour l’agriculture, le commerce,l’industrie, l’art de la guerre; c’est lui qui partage avec le bœuf la tâche de tracer nos sillons; qui, sur tous les points do globe, est occupé à i transporter les produits du commerce et de l’industrie par- t tout où le besoin s’en fait sentir ; qui, au moyen de commu- i nications rapides et faciles, rapproche les distances les plus éloignées; qui fait mouvoir la plupart des machines créées | par le génie de l’homme pour centupler ses forces ; qui dé- cide presque toujours du destin des combats. C’est encore lui que l’on voit dans nos paisibles cites entraîner avec rapi- dité le léger tilbury, ou promener gravement le char de l’opulence; enfin, combien de femmes délicates, de faibles convalescens retrouvent la santé dans les mouvemens doux et cadencés du cheval I Parlerons-nous de la rare intelligence, de l’instinct surna- turel de ce Doble animal? Voyez ce cheval d’escadron qui semble attendre le commandement; avec quelle prompti- tude, quelle régularité il suit tous les mouvemens de la ma- nœuvre ! Bientôt on le verra s’animer au son de la trompette, joindre ses hennissemens au bruit de la mêlée, blanchir le mors d’ecume, et obéir à regret à la main qui contient son ardeur impatiente. Mais, aussitôt que cette main, par un mouvement presque imperceptible , donne le signal du dé- part , il s’élance avec la rapidité de l’éclair à travers les rangs ennemis, les ouvre, les renverse par l’impétuosité de son choc, semble s’enivrer de carnage et de gloire, et partage avec son maître les douceurs de la victoire. Mais la chance descombats a-t-elle trahi scs efforts, on le voit revenir à pas lents , la tête basse, la crinière pendante ; leson delà trompette ne lui cause plus d’émotion, il retourne tristement auprès des siens, ou erre sur le champ de bataille,](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b2202914x_0011.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)