De la paralysie pellagreuse. Lu dans la séance publique annuelle du 14 décembre 1847 / [Jules Gabriel François Baillarger].
- Jules Baillarger
- Date:
- [1847]
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Credit: De la paralysie pellagreuse. Lu dans la séance publique annuelle du 14 décembre 1847 / [Jules Gabriel François Baillarger]. Source: Wellcome Collection.
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![de ces malheureux prenait sa source dans la conviction de l’in¬ curabilité de leur maladie. Ces explications pourraient être admises si le suicide s’obser¬ vait souvent chez des pellagreux non aliénés, mais il n’en est pas ainsi. Les malades dont la raison est saine ne cherchent pas ou ne cherchent que très rarement à se détruire. Un jeune médecin attaché au service des pellagreux de l’hos¬ pice de Brescia , déclare même, dans un excellent travail sur la pellagre, qu’il n’a jamais vu la tendance au suicide, et surtout, ajoute-t-il, la tant fameuse hydromanie de Strarnbio. M. Calderini, qui a noté avec un soin minutieux les symptô¬ mes que présentaient plus de mille pellagreux non aliénés, ne parle pas non plus d’idées ni de tentatives de suicide. Ce symptôme appartient donc presque exclusivement à la folie pellagreuse, et son extrême fréquence me paraît dès lors pouvoir être expliquée de la manière suivante : Les idées de suicide ne s’observent nulle part aussi souvent que dans le genre de folie décrit par Esquirol sous le nom de démence aigue [y], et par Georget sous celui de stupidité. Elles existent au moins chez un tiers des malades (a). Il résulte de ce fait que, pour se rendre compte de la propor¬ tion des suicides sur un nombre déterminé d’aliénés, il faut avant tout s’enquérir du plus ou moins de fréquence de la dé¬ mence aiguë. Or, la folie pellagreuse offre sous ce rapport une exception curieuse. (1) Des maladies mentales, Paris, 1838, t. II, p. 259. (2) J’ai réuni dans mon travail sur la stupidité [Annales médico-psychologiques, t. 1), les observations de Georget et de M. Étoc, à celles que j’ai moi-même recueillies. J’ai ainsi obtenu dix-huit faits dans lesquels les idées de suicide sont notées six lois. Dans les leçons de M. Ferrus, publiées dans la Gazette des hôpitaux, on ne trouve qu’une seule observation de stupidité, et le malade avait fait une tentative de suicide. M. Pelt, médecin des femmes aliénées à Venise, en décrivant la classification qu il a adoptée, joint une observation pour chaque genre de folie. La malade, dont 1 histoire est rapportée comme un type de démence aiguë, avait aussi fait des tentatives de suicide.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b31895220_0011.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)