Deux nouveaux cas de mal de Pott syphilitique / par Henri Pied.
- Pied, Henri.
- Date:
- [1913]
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Credit: Deux nouveaux cas de mal de Pott syphilitique / par Henri Pied. Source: Wellcome Collection.
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![[672] enfin, l’analyse de la thèse de M. Gaspais (Paris, 1913), sur le mal de Pott sous-occipital syphilitique. Voici nos deux observations : Observation I. — Mal de Pott dorsal, à évolution très lente, chez un ma- lade très probablement ancien syphilitique, atteint de paralysie faciale et de lichen plan, guéri, en même temps que ces manifestations, par le trai- tement spécifique. Le sujet dont nous rapportons ici l’histoire présente un grand nombre et une variété singulière de lésions. Les unes, spéciales, portent la signature de la syphilis; les autres sont vulgaires et banales, mais quelques-unes pa- raissent évidemment gouvernées, ainsi que le traitement et l’évolution ultérieure l’ont montré, par le terrain spécifique. J. C..., 57 ans, nous est adressé, le 28 février 1912, par notre ami, le Dr Noguès, qu’il était allé consulter pour des troubles de la miction. 11 s’agit de lui vider sa vessie qui retient 300 grammes, puis de la désinfecter par des lavages appropriés, car les urines sont troubles et excessivement fétides. Le malade a une petite prostate et un rétrécissement cylindrique large de la portion membraneuse. Nous commençons aussitôt le traitement. M. Noguès, que nous remer- cions très vivement de nous avoir mis à même d'étudier ce cas intéressant, nous signale en même temps que le malade doit être touché par la syphilis, en raison de l’immobilité de la pupille gauche et de la paralysie faciale droite, survenues lentement, insidieusement, sans que le malade s’en aper- çoive. Pendant les séances forcément longues, nécessitées par le traitement, l'attention éveillée par les lésions suspectes du système nerveux, nous avons peu à peu interrogé et examiné complètement le malade, que d’au- tres misères, d’ailleurs, engageaient à se confier à nous. Nous avions tous les jours sous les yeux, une affection cutanée vulgaire, occupant, sous forme de vastes placards irréguliers, la partie inférieure du ventre, la partie supérieure des deux cuisses, les plis génito-cruraux, mais respectant les bourses et la verge. Ces placards confluents formaient une vaste nappe à contours irréguliers, à fond rouge bistre, sur lequel se déta- chaient des groupes de papules, ombiliquées au centre, agglomérées, sail- lantes, grisâtres et brunes, parsemées de stries blanchâtres. Les caractères objectifs des lésions, leur indolence absolue, leur ancienneté et la lenteur extrême de leur évolution (elles avaient débuté cinq ans auparavant et avaient depuis constamment progressé au dire du malade), ne permettaient guère d’autre diagnostic que celui de lichen ruber plan, à forme torpide et lente. Le malade n’attachait pas d’ailleurs grande importance à ces lésions qui ne lui causaient ni douleurs, ni prurit, mais seulement un ennui. Il en était tout autrement de névralgies rebelles survenues par cris depuis trente ans, dont une atteinte extrêmement violente survint, alors que le traitement vésical avait éclairci les urines. Les douleurs éprouvées par le patient étaient tellement vives qu’il en venait pendant les crises à souhaiter la mort. A 28 ans, habitant Paris, il parcourait les rues comme](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22445018_0006.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


