Deux nouveaux cas de mal de Pott syphilitique / par Henri Pied.
- Pied, Henri.
- Date:
- [1913]
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Credit: Deux nouveaux cas de mal de Pott syphilitique / par Henri Pied. Source: Wellcome Collection.
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![[676] Enlevant son corset plâtré et examinant la colonne vertébrale, il est facile de reconnaître qu’il présente une cyphose lombaire angulaire, dont le sommet, assez aigu, mais peu saillant, paraît constitué par les apophyses épineuses des troisième et quatrième lombaires. L’élévation, puis la récli- naison de la colonne vertébrale permettent d’effacer presque complète- ment la gibbosité. A ce niveau, la peau présente une rougeur assez marquée, produite par la pression du corset sur le seul point saillant de la colonne vertébrale. La pression à cet endroit ne détermine qu’une très légère sensibilité et, ce qui prouve que les lésions vertébrales ne sont pas guéries, c’est qu’il lui est impossible de s’asseoir et qu’à chaque pas qu’il fait, le choc du talon sur le sol détermine une gêne profonde et douloureuse, dans la région déformée. La fosse iliaque gauche est remplie par une tumeur dure, tendue, légè- rement douloureuse, volumineuse, qui parait incluse dans le psoas, puis- qu’elle se déplace avec lui, et qui n’est en rien modifiée par des évacuations intestinales répétées. La recherche des antécédents de ce jeune homme ne nous apprend pas grand chose : son père a disparu depuis plusieurs années ; sa mère parait bien portante, nous l’avons soigneusement examinée, sans découvrir chez elle aucun signe pathologique. 11 a une sœur en bonne santé, paraît-il, et que nous n’avons pu voir, car elle travaille au loin. L’examen du malade ne permet de reconnaître aucun stigmate de syphi- lis héréditaire, à part de légères irrégularités des crêtes tibiales. On ne trouve chez lui aucun signe actuel de syphilis acquise, mais ce jeune homme indique qu’il y a cinq ans, deux ans avant son accident, il a eu un écoulement urétral discret, complètement indolore, ayant duré longtemps, qui a pu être le témoin d’un chancre intra-urétral. Les réflexes rotuliens sont exagérés, comme dans le mal de Pott tubercu- g leux, les réflexes oculaires sont anormaux. Si, en effet, le réflexe lumineux ' est normal, le réflexe à l’accommodation est inverse, c’est-à-dire, lorsque le f sujet fixe un objet éloigné, sa pupille, au lieu de se contracter, se dilate. ; Le cercle ciliaire est très irrégulier. La réacLion de Wassermann ne peut être pratiquée chez ce malade, 1 soumis depuis de longs mois au traitement arsenical. C’est sur les seuls moyens cliniques que nous nous sommes appuyé pour décider de l’orien- tation du traitement. Ce jeune homme reçut une première série de quinze injections de deux ' centimètres cubes de cacodylate iodo-hydrargyrique, commencée le28jan- , vier 1913. Dès la sixième injection, la masse dure de la fosse iliaque commença à se détendre, à diminuer de volume ; à la quinzième, il n’en restait plus de traces. Depuis, nous avons constamment trouvé la fosse iliaque gauche, souple et libre. De février à mai, le malade subit encore deux séries de douze injections de cacodylate iodo-hydrargyrique. Dès le milieu de la seconde série, il put, avec son corset, marcher sans souffrir ; après la troisième, il alla prendre ses repas au réfectoire, avec les autres hospitalisés.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22445018_0010.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


