Encyclopédie des sciences médicales, ou, Traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérir / M. Bayle, rédacteur en chef. Traité des maladies des voies urinaires ; par Chopart ; avec des notes et des additions par P.-S. Ségalas.
- François Chopart
- Date:
- 1841
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales, ou, Traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérir / M. Bayle, rédacteur en chef. Traité des maladies des voies urinaires ; par Chopart ; avec des notes et des additions par P.-S. Ségalas. Source: Wellcome Collection.
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![et sans qu'il eût la pierre, par les ordres de Diodore, son tuteur. Le petit appa- reil a été aussi nommé, pendant quelque temps methodus Guidoninna , du nom de Gui de Chauliac, qui l'a relevée du discrédit où elle était tombée. Ce n'est qu'au commencement du seizième siècle, temps auquel le jjrand appareil fut in- venté, qu'il a pris le nom sous lequel on le désigne à présent, eu égard au petit nombre d'instruments et d'aides néces- saires pour le prati([uer. En efi'et, il ne faut que deux instru- ments , savoir : un bistouri bien tran- chant, une curette, et deux aides; l'un desquels soutient et assujettit le malade, et l'autre relève les bourses. Le preoiier doit être grand et fort : il s'assied sur une chaise élevée, et, après avoir fait mettre un oreiller sur ses genoux et par- dessus un drap en plusieurs doubles qui pendent jusqu'à terre, il fait placer le malade sur lui, de manière que ses fes- ses portent sur le bord de l'oreiller, que son dos soit renversé en arriére . que ses cuisses soient écartées l'une de l'autre et que ses bras soient placés dans leur in- tervalle. Cet aide saisit alors de chaque main le poignet et le bas de la jambe du malade, et le retient ainsi dans la situa- tion oii il se trouve. Les bourses relevées par le second aide , le chirurgien assis sur une chaise moins haute, ou age- nouillé du côté gauche vis-à-vis du ma- lade, lui introduit le doigt indicateur et celui du milieu de la main gauche bien graissés dans le rectum , avec la précau- tion de tourner la paume de la main en liaut ; il lui met en même lempj la main droite sur l'hypogastre, afin de pousser la pierre de haut en bas et de la faire descendre vers le col de la vessie avec les doigts placés dans le rectum. Lors- qu'il a pu lui l'aire prendre celle posi- tion , il la pousse de dedans en dehors, afin de lui faire faire saillie au périnée. Cela fait, il coupe tout ce qui se pré- sente par une incision profonde et Icgè- ment oblique. Il ne doit point craindre d'appuyer le tranchant de l'instrument, de peur de l'émousser : il faut au con- traire fendre , avec exactitude , jusqu'au col de la vessie, afin que rien ne s'oppose à la sortie du corps que l'on veut extrai- re. Lorsque l'incisiou est achevée , le chirurgien quitte le bistouri pour pren- dre la curette, qu'il pose derrière la pierre pour la pousser de dedans en de- hors, en quoi il est aidé par les deux doigts qui sont dans le fondement, il cherche ensuite s'il n'y en aurait pas quelque autre qu'il tirerait de même,, après quoi il fait porler le malade dan* son lit, et se conduit pour le reste com- me il sera dit après la description de l'appareil latéral à la méthode de Che- selden. Les parties incisées dans le petit ap- pareil sont, les téguments, le muscle transversal ou triangulaire de l'urètre, les graisses profondes du périnée et le col de la vessie. Cette opération semble avantageuse à quelques égards : elle est beaucoup moins effrayante pour les ma- lades qui ne doiventètre ni liés ni assujet- tis, comme je le dirai eu parlant des au- tres méthodes; elle exige moins d'in- struments ; ce qui la rend d'une exécution plus facile et plus prompte; l'urètre et le col de la vessie ne sont pas exposés aux contusions et aux déchirements for- cés qui sont la suite de beaucoup d'au- tres manières de tailler; enfin l'extrac- tion de la pierre se fait delà manière la plus favorable, c'est-à-dire par la section du col de la vessie et par la partie la plus large de l'angle des os du pubis. Ces avantages sont compensés par trois inconvénients bien considérables. Le premier est la lésion du col de la ves- sie par les aspérités de la pierre, qui doit être poussée avec force de dedans en dehors, et meurtrir les parties sur lesquelles on l'appuie, et par l'action du bistouri qui, n'étant dirigé que parla pierre, dont la position n'est pas con- stante, peut être incisé plus haut, plus bas, et quelquefois en travers, et de ma- nière à être totalement séparé de l'urè- tre. Le second est la difficulté de couper avec exactitude la vessie sur la pierre lorsque celle-ci est raboteuse, parce que la pointe du bistouri a de la ])eine à s'in- troduire dans les enfoncements qu'elle présente, et s'émousse nécessairement avant que l'incision soit achevée. Le troisième est l'impossibilité de ramener la pierre vers le col de la vessie dans les personnes d'une stature raisonnable; ce qui borne l'usage de cette opération aux enfants et empêche de la pratiquer aux adultes, à moins qu'ils ne soient de fort petite taille. Cet inconvénient de la méthode de Celse était si bien connu des anciens, qu'ils ne la mettaient en usage que sur les enfants qui n'avaient pas at- teint leur quatorzième année, et qu'au delà de cet âge les malades attaqués de la pierre n'avaient plus rien à attendre de la chirurgie. Il est bicu vrai qu'il y a](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22272197_0470.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)