Encyclopédie des sciences médicales, ou, Traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérir / M. Bayle, rédacteur en chef. Traité des maladies des voies urinaires ; par Chopart ; avec des notes et des additions par P.-S. Ségalas.
- François Chopart
- Date:
- 1841
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales, ou, Traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérir / M. Bayle, rédacteur en chef. Traité des maladies des voies urinaires ; par Chopart ; avec des notes et des additions par P.-S. Ségalas. Source: Wellcome Collection.
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![volonté au moyen d'une crdmaillère Chez les particuliers, ou y suppléait avec une table ordinaire près l'une des extré- mités de laquelle on renversait une chaise que l'on y assujettissait avec des cordes. Ces tables étaient couvertes d'un oreiller pour recevoir le malade, et de plusieurs draps plies en double, et qui pendaient jusqu'à terre. Il ne restait plus qu'à y placer le ma- lade et à l'y assujettir avec des liens con- -venables. Ces liens étaient [ails de deux larges cordons de fil de laine ou de soie, longs de trois mètres chacun, et cousus ensemble par leur milieu. Le malade as- sis au bout de la talile et renversé sur le dossier , on lui appliquait le milieu des liens à la partie postérieure et inférieure du cou, de sorte que les chefs qu'ils pré- sentaient pendissent sur ses épaules, l'un en devant, et l'autre en arrière. Ces chefs étaient croisés plusieurs fois, et comme cordelés sous ses aisselles. On faisait fléchir les cuisses du malade pour cordeler de même les liens au-dessous ; puis, faisant approcher les talons des fesses et allonger les bras, on recom- mandait au malade de saisir ses pieds avec ses mains, et chacun de ceux qui étaient chargés de le lier fixait la main au pied, en les entourant plusieurs fois avec ce qui restait des liens qui étaient enfin arrêtés par une rosette double. Le malade ainsi attaché était retenu par trois aides, dont un monté sur la table appuyait des deux mains sur ses épaules, et les deux autres écartaient ses genoux et ses pieds. Un quatrième, placé à la droite du chirurgien, était chargé de lui présenter les instruments et de les recevoir de lui. Alors celui-ci pre- nait le cathéter qu'il introduisait dans la vessie, suivant l'un des procédés indi- qués en parlant de la manière de son- der. Il cherchait de nouveau la pierre, et après l'avoir sentie, il faisait relever les bourses ]iar un cinquième aide destiné à cet emploi. Celui-ci monté sur un siège médiocrement élevé et placé à la droite du malade, prenait le scrotum d'une main, le relevait doucement, et pliant ces deux derniers doigts, il ap- puyait les deux autres sur le périnée , de manière que ceux de la main droite couvrissent le raphé , et que ceux de la main gauche s'en écartassent à gau- che. Cependant le chirurgien prenant le cathéter de la main gauche, sans l'incli- ner d'aucun côté, lui faisait faire saillie au périnée, et après s'être bien assuré de sa position et de celle de sa canne- lure, il se saisissait du lilholome qu'il tenait comme une plume à écrire, et avec lequel il incisait les téguments de haut en bas, depuis le dessous des bour- ses jusqu'à un travers de doigt de l'anus, en présentant son tranchant aux parties qu'il se proposait de diviser. Cet instru- ment, porté une seconde fois et plus pro- fondément dans la plaie, coupait le mus- cle bulbo-caverneux du côté gauche, le tissu spongieux de l'urètre et péné- trait jusque dans ce conduit. Quand on était sûr d'y être parvenu et de l'avoir ouvert dans toute l'étendue de la plaie des tcgumenis, on relevait le cathéter pour l'éloigner du rectum , et, le rame- nant un peu à soi par une sorte de bas- cule de derrière en devant, on y faisait glisser la pointe du litbolome que l'on porlait aussi loin qu'il était possible du côté du col de la vessie. C'est ce qu'on appelait donner le coup de. maître. On ramenait ensuite l'instrument de bas en haut eu suivant la cannelure du cathéter, dont sa pointe ne devait pas sortir, et on le reportait vis-à-vis l'angle supérieur de la plaie des téguments où on le donnait à tenir à un aide, jusqu'à ce qu'à sa fa- veur on ei!it introduit le bec du conduc- teur mâle ou celui du gorgeret dans cette cannelure. L'un ou l'autre de ces instru- ments placé, le chirurgien faisait retirer le lithotome , devenu inutile , puis , fai- sant faire au cathéter une nouvelle bas- cule, il poussait l'un ou l'autre dans la vessie, après quoi il dégageait et retirait le cathéter à son tour. Quand il se ser- vait du conducteur, il en prenait le manche de la main gauche, et faisait glisser le conducteur lemelle le long de la vive arête qui règne sur sa longueur; après quoi, il les écartait l'un de l'autre de haut en bas, et terminait enfin l'opé- ration en portant les teneltes dans leur intervalle. Quand il employait le gorge- ret, il le prenait de même de la main gauche, portait le doigt indicateur de la main droite dans sa gouttière , avec l'at- tention de mettre la paume de sa main en haut, dilatait la plaie et finissait par l'introduction des tenetles. Quelques-uns écartaient les mors de ce dernier instru- ment de haut en bas, pour augmenter la dilatation de la plaie avant d'aller à la re- cherche de la pierre. Dans les premiers temps, on employait le dilalatoire à cet usage. Enfin, si on était obligé de porter les teneltes à diverses reprises, ou se ser-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22272197_0474.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)