Encyclopédie des sciences médicales, ou, Traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérir / M. Bayle, rédacteur en chef. Traité des maladies des voies urinaires ; par Chopart ; avec des notes et des additions par P.-S. Ségalas.
- François Chopart
- Date:
- 1841
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales, ou, Traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérir / M. Bayle, rédacteur en chef. Traité des maladies des voies urinaires ; par Chopart ; avec des notes et des additions par P.-S. Ségalas. Source: Wellcome Collection.
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![voir su tirer, ce qui étoità moi grande folie, je délibérai, avec l'importunité des père et mère et amis, de couper le- dit enfdut par-dessus le pubis, d'autant que la pierre ne vouloit descendre bas, et fut coupé sur le pénil, un peu de côté et sur la pierre, car je la levois avec mes doigts qui étoient au fondement, et d'autre côlé, en la tenant assujellie avec les mains d'un serviteur qui comprimoit le bas-ventre au-dessus de la pierre, dont elle fut tirée par ce moyen ; et puis après le patient fut guéri, nonobstant qu'il en fut bien malade, et la plaie con- solidée. » Un succès aussi heureux ne suffit pas pour rassurer Franco sur le danger des plaies de la vessie, et il crut devoir avertir de ne pas l'iruiler. Ce conseil intimida sans doute ses contemporains , car personne ne parla de cette façon de tailler jus([u'à François Rousset, mé- decin du duc de Nemours, homme d'un jugement et d'un savoir au-dt'ssus de son siècle, qui en soutint les avantages, et qui enseigna plusieurs manières de la pratiquer, dans un excellent ouvrage sur l'enfantement césarien , imprimé vingt ans après le traité de Franco. Il paraît même certain, par le texte de l'ouvrage, que Rousset avait des idées très-nettes sur la possibilité de tirer la pierre par une incision au-dessus du pubis, avant qu'il eût connaissance de l'opération de Franco. Fabrice de Ilil- den,après lui, blâma d'abord, puis adopta l'opération dont-il s'agit, dans le cas où la pierre serait d'un volume considéra- ble. Riolan la loua dans ses remarques sur l'analoinie de Veslingius; et Simon Piètre, médecin de Paris, la défendit dans une llièse soutenue en 1636, aux écoles de la Faculté, sous sa présidence, dans la(]uelle on demandait : yln ad ex- irahendtim calculum dissecanda ad pubem vesica? Depuis ce temps, plu- sieurs ont f.iit mention du haut appa- reil ; mais peu <le personnes ont osé l'entreprendre. On lit pourtant dans To- let, qu'un ancien chirurgien de l'Hôtcl- Dieu de Paris, nommé Bonnet, avait employé cette manière de tailler, et que Petit, antre chirurgien du même hôpi- tal, la lui avait vu taire à une jeune liile. Ce furent sans doute ses succès et sa facilité qui déterminèrent à peu près dans le même temps les médecins de Paris à faire des représentations au par- lement, sur la nécessité de rétablir le haut appareil. Le premier président de VOIES URINAIRES. 469 Lamoignon donna ordre à François Co- lot, auteur d'un Traité sur l'opération de la taille, publié en 1727, plus de vingt ans après sa mort, lequel depuis long- temps était chargé de toutes les opéra- tions de la taille a l'Hôtel Dieu, de faire des épreuves et des expériences conve- nables. Son avis fut que cette (^éralion était extrêmement dangereuse, et qu'il n'y allait pas moins que de la vie ; il fut arrêté en conséquence qu'on ne la met- trait plus en usage. Cependant, quelques praticiens s'en servaient encore ; on trouve dans les Transactions philosophiques pour l'an 1700, que Probi, chirurgien de Dublin, l'avait pratiquée sur unefille de vingtans, d'un tempérament fort robuste, pour lui ôter de la vessie une aiguille à cheveux, longue d'environ six travers de doigt, et recouverte d'une couche pierreuse, qu'il avait inutilement essayé d'extraire par l'urètre. Groenvelt, Hollandais, dit, dans un traité de lithoiomie publié en 1710, en anglais, qu'il fut contraint aussi de tirer une pierre de la vessie par une incision au-dessus du pubis ; mais il ne dit pas la raison de cette nécessité. En- tin le docteur Douglas lut, en 1718 à la Société de Londres, une dissertation dans laquelle il établit les avantages du haut appareil ; bientôt après, son frère le chirurgien fit des épreuves de cette méthode, en quoi il fut suivi par plu- sieurs de ses compatriotes et par des Al- lemands. Les Français imitèrent cet exemple, et le haut appareil fut pratiqué à Srfint-Germain-en-Laye, par Berryer, chirurgien de celte ville, et à l'hôtel des Invalides, par Sauveur-François Mo- rand, sur un olBcier qui, après avoir donné les plus grandes espérances de guérison, mourut à force de commettre des imprudences. Ces deux dernières opérations furent faites en 1727, et Mo- rand en rendit compte dans un traité sur cette matière, imprimé la même année, dans lequel il avait rassemblé tout ce qu'on avait écrit à ce sujet. Soit que les succès du haut appareil n'eussent pas été aussi heureux qu'on se l'était persuadé, ou que l'attention des gens de l'art se fût poriée vers l'appareil latéral qui communçuit à s'établir, et qui en prometla-t de plus grands , cette ma- nière de tailler a élé totalement aban- donnée, et il n'en serait plus question, sans la nouvelle méthode de la pratiquer, imaginée par le Irère Côme , religieux de l'ordre des Feuillants, et publiée pac](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22272197_0477.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)