Encyclopédie des sciences médicales, ou, Traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérir / M. Bayle, rédacteur en chef. Traité des maladies des voies urinaires ; par Chopart ; avec des notes et des additions par P.-S. Ségalas.
- François Chopart
- Date:
- 1841
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales, ou, Traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérir / M. Bayle, rédacteur en chef. Traité des maladies des voies urinaires ; par Chopart ; avec des notes et des additions par P.-S. Ségalas. Source: Wellcome Collection.
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![lui en 1779, dans un ouvrage où il fait connaître les ci)ieuves nombreuses qu'il en a faites et leur réussite. Il y a donc plusieurs procédt^s pour faire l'opi'ration de la taille ])ar le haut appareil, savoir : celui de Franco, celui de Roussel et celui du frère Côme. Franco a incisé sur la pierre même qu'il avait soulevée avec deux doigts in- troduits d ans le fondement ; en quoi il a été imilé par Bonnet, et depuis par Hei&ler, dans un cas où, n'ayant pu tirer un gros fragment de pii rre par l'appa- reil latéral, il se détermina le lendemain à ouvrir la vessie au-dessus du pubis. Les suites de celle opération furent d'a- bord heureuses; mais le malade, épuisé par la fièvre et par les douleurs, mourut au bout de fjuatre semaines. Si la pierre qu'on se proj)ose de tirer était excessive- ment grosse, celte méthode serait pres- que la seule que l'on pût suivre. Le ma- lade couché sur le côté de son lit, et suffisamment assujelti, le chirurgien fe- rait lever la pierre par un aide pour avoir la liberté de ses deux mains ; puis, tendant les téguments avec les doigts de la main gauche, il inciserait la peau, la partie intérieure de la ligne blanche, et enfin la vessie, dont il pourrait, pour plus de commodité, agrandir la plaie avec un bistouri boutonné porté de haut en bas à travers la première ouverture qu'il y aurait faite, et il procéderait à l'exiraclion de la pierre et au pansement de la plaie. Dans le procédé de Roussel, on dis- tend la vessie avec de l'eau qu'on y in- jecte, afin de pouvoir l'ouvrir avec plus de facilité. Le nialaJe situé et retenu comme il vient d'être dit, il faut intro- duire une algalie dans ce viscère et y pousser lentement de l'eau tiède avec une seringue , pour imiter autant qu'il est possible la marche de la nature qui ne la remplit que goutte à goutte. La quantité ne doit pas être moindre que de deux cent cinquante-six grammes, et plus considérable que de cinq cent douze. Lorsque la ves«ie est suffisamment dis- tendue et qu'elle fait saillie au-dessus du pubis, le chirurgien ôle la sonde, et il donne la verge à contenir à un aide qui la comprime entre ses doigts, pour em- pêcher la sortie de l'eau, et qui l'abaisse entre les cuisses du malade ; puis il lenil et coupe les téguments et la ligne blan- che de la même manière qnc s'il opérait sur la pierre même. Cela fait, il porte le doigt indicateur de la main gauche dans l'angle supérieur de la plaie, la paume de celle main tournée en haut, et l'appuie sur la partie supérieure de la vessie, pendant qu'il y plonge la pointe du bistouri qu'il tient comme une plume à écrire, et dont le tranchant regarde le pubis. L'eau s'échappe et la vessie ne tarderait pas à s'affaisser: mais il enfonce le doigt indicateur gauche dans la plaie de ce viscère, et il courbe ce doigt de bas en haut, pour en soutenir les parois comme avec un crochet, pendant qu'il achève de l'inciser de haut en bas, et jusque dessous le pubis. Enfin il retire le bistouri sans cesser de tenir la vessie suspendue, et, cherchant la pierre avec les doigts de la main droite ou avec une tenelte appropriée, il termine l'opéra- tion. Midlelon, chirurgien anglais, pour être sûr que la vessie fût pleine, n'ôtait point l'algalie pendant l'incision des ])arties extérieures afin d'avoir la facilité de pousser une plus grande quantité d'injection s'il le jugeait nécessaire ; et Douglas ne plaçait l'algalie qu'après avoir mis la vessie à découvert ; mais ces précautions sont inutiles, puisqu'on n'a jamais conseillé de pratiquer le haut appareil p:ir la méthode de l'injection que sur des sujets dont on savait que la vessie était suffisamment grande pour qu'elle pût s'élever au-dessus du pubis. Quelques-uns veulent aussi que l'oa ouvre la vessie de bas en haut, procédé dangereux, en ce qu'il expose à entamer ce viscère au delà de ses adhérences avec le péritoine, et qu'il peut donner lieu à l'épanchement des urines dans le ventre. On a reproché à l'opération du haut appareil de n'être praticable que sur ceux dont l'embonpoint est médiocre et dont la vessie est spacieuse. Mais malheu- reusement cela est rare, et ce viscère est souvent racorni, ou tout au moins forte- ment contracté sur lui-même, dans les personnes attaquées de la pierre. On a dit aussi que la méthode de l'injection était douloureuse et incertaine, en ce qu'on ne pouvait pas toujours pousser une assez grande quantité d'eau d.ins la vessie, de sorte qu'on court risque d'ou- vrir le péritoine. Enfin on a observé que cette niéthoiic est très-ordinairement suivie d'intillralions urineuses, puru- lentes et gangreneuses dans le tissu cel- lulaire du bassin, jiarce que les urines ont plus de facilité à s'échapper par la plaie de la vessie qu'à se porter au de- hors parle canal de i'urètie, et parce](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22272197_0478.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)