Encyclopédie des sciences médicales, ou, Traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérir / M. Bayle, rédacteur en chef. Traité des maladies des voies urinaires ; par Chopart ; avec des notes et des additions par P.-S. Ségalas.
- François Chopart
- Date:
- 1841
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales, ou, Traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérir / M. Bayle, rédacteur en chef. Traité des maladies des voies urinaires ; par Chopart ; avec des notes et des additions par P.-S. Ségalas. Source: Wellcome Collection.
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![périnc^e et du ventre. Assuré de l'exis- tence de la pierre, je lui fis prendre les Ijainset (!es boissons adoucissantes, pour ]c disposer à l'opération de la taille. Mal^^ré leur us.igc, la sensibilité trop vive ne diminua point. Son ventre était a|)lati et même rentré en dedans, surtout vers la région liypogaslrique. Depuis long- temps il urinait avec difficulté et dou- leur; ses urines étaient blancliàlres, épaisses , et déposaient un sédiment très- visqueux. 11 eut la fièvre, le dévoiement. Lorsque ces accidents furent dissipés, n'éprouvant presque plus de douleurs en urinant, il se retira dans son pays. J'ai fait pendant plusieurs jours, en présence des élèves de l'hospice, quelques expé- riences sur lesurines de ce jeunehomme. Tant que l'urine conservait sa chaleur naturelle, elle était liquide, blanchâtre, un peu trouble; elle ne paraissait poiut chargée de glaires et ne filait point. Eu se refroitlissant, il se formait promp- tenient un amas de glaires ou de muco- sité filandreuse, grisâtre, qui se déposait en partie au fond du vase, et dont une autre iiartie assez abondante rest.iit mô- lée et cependant distincte dans la séro- sité liquide. La quantité de celte sub- stance glaireuse allait souvent à plus d'un tiers de la totalité de l'urine. Eu jetant hors du vase toute l'urine conservée plu- sieurs heures, elle tombait en filant: comme une forte solution de gomme ou de colle. L'urine chaude ou récem- inenl sortie de l'urètre avait une odeur d'ammoniaque, qui était bien plus mar- quée au bout de cinq à six heures. L'al- cool hâtait la formation de la substance glaireuse; et versé seulement sur cette substance déposée, il l'épaississail, lui donnait plus de consistance. L'acide sul- furique versé sur l'urine encore chaude, la troublait, lui causait beaucoup de cha- leu^r sans faire elTervescence : mais lors- qu'elle était refroidie cl devenue glai- reuse, ce même acide produisait une effervescence notable (i). Cette effcrves- DES MALADIES DES VOIES DHINAIRES. 43 cence était faible, lorsque l'acide n'élait verié que sur l'eau séparée du dépôt; et elle se remarquait sensiblement, s'il agis- sait sur le sédiment qu'il coagulait en llocons. L'alcali fixe de potasse troublait seulement toute l'urine, en y excitant un peu de chaleur, et il a paru ne pas plus agir sur la sérosité que sur le dépôt : mais en y versant ensuite de l'acide sulfuri- que, il s'est fait une grande effervescence très-écumeuse ; la liqueur s'est éclaircie, et n'est plus devenue glaireuse ou filan- dreu'C. L'urine toute récente chaude, mise sur le feu, n'a point pris de consis- tance ; elle a développé l'odeur de l'am- moniaque et a formé, dans les premiers temps de l'ébullilion , beaucoup d'écume semblable à celle de l'eau de savon. L'u- rine qui était reposée, refroidie et très- glaireuse , mise sur le feu, a pareille- ment exhalé une odeur forte d'ammo- niaque, a donné beaucoup d'écume en commençant à bouillir; d'alcaline qu'elle était elle est devenue acide (1), de même (I) L'effervescence survenue par l'u- nion de l'acide sulfurique à l'urine re- froidie parait être due à l'acide carboni- que que l'ammoniaque de cette liumeur a^^it absorb. do l'itmospb.re dc:;.i;-Ôdd lé sui un alcali pur ne produit point d'ef- —■ lervescence ; clic se manifcsie au con- traire lorsque l'alcali conlicnt do l'acide carbonique. Cet acide, chassé par l'acide sulfurique, produit rcffervesccnce en se réduisant en gaz au moyen du calorique conicnu dans l'acide sulfurique et dans l'ammoniaque , et qui , se dégageant de ces substances pendant leur union , met l'acide carbonique dans l'étal de gaz. (l) Ce passage de l'alcalescence de l'u- rine à l'acidiié, quand on la fait évaporer sur le feu , m'a porté à faire la mémo expérience avec M. Vauqiielin , en no- vembre 1790, sur l'urine d'un calculeux du môme hospice, âgé de soixante et dix ans , laquelle était fortement alca- line d'après son odeur et l'épreuve des papiers teints. Nous avons mis sur le feu, dans une casserole de fer-blanc ronde et de six pouces et demi de diamètre , huit onces d'urine que ce calculeux venait do rendre. Dans le commencement de l'é- bullition , il s'est élevé beaucoup d'é- cume ; l'odeur alcaline a pris plus de force ; puis l'urine n'a plus fourni d'é- cume ; elle a acquis plus de couleur A mesure qu'elle se concentrait ; elle a commencé à rougir le papier de tourne- sol au bout de douze minutes; à ce temps elle verdissait encore un peu le papier de violettes; mais à treize minutes elle a rougi sensiblement le papier bleu, et à vingt minutes elle était au plus haut il ne restait qu'cnvi- ine épaisse , brune , qui était comme du caramel , et trés- piquanle au goût. Ce pass.ige de l'état alcalin de celle urine à celui d'acide dé- pend : io de la volatilisation de l'animo- niaque qui est libre dans ce liquide; 2° de](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22272197_0051.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)