Bibliothèque orientale, ou dictionnaire universel, contenant généralement tout ce qui regarde la connoissance des peuples de l'Orient, leurs histoires et traditions véritables ... / [Edited by A. Galland. With 'Éloge' by L. Cousin] par monsieur d'Herbelot.
- Barthélemy d'Herbelot
- Date:
- 1776
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Credit: Bibliothèque orientale, ou dictionnaire universel, contenant généralement tout ce qui regarde la connoissance des peuples de l'Orient, leurs histoires et traditions véritables ... / [Edited by A. Galland. With 'Éloge' by L. Cousin] par monsieur d'Herbelot. Source: Wellcome Collection.
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![917 Z E. penferent plus à paflèr outre pour aller chercher le Devin. Mais ils fe fournirent auffi-tôt aux defirs d’Ab- dalmothleb, qu ils regardèrent comme un homme fa¬ vorisé de ^Dieu. En effet, ce perfonnage étoit fi fou- Hus lui-meme, & tellement attaché au fervicede Dieu, quil avoit fait vœu de lui facrifier un de fes enfants, au cas quil en pût avoir dix, afin d’imiter Abraham, duquel il prétendoit defcendre par Ifmaël fon fils. Le puits de Zemzem fut donc enfin creufé & net¬ toyé, & Abdalmochlebj donna au Temple de Câbah les deux gazelles d’or avec tout l’argent qu’il fit des armes, & autres uftenciles qu’il, y avoit trouvés, & le vœu qu’il avoit fait de facrifier un de les enfants fut par l’ordre de Dieu, compenfé & échangé par un grand nombre de moutons qui furent égorgés à la Dé¬ dicace, pour ainfi dire, réitérée du fameux Temple de la Mecque. La Ville de la Mecque a demeuré long-temps fans avoir d’autre eau, que celle du puits de Zemzem, juf- qu’à ce qüe le grand concours des caravanes eut obligé les Khalifes d’y faire conftruire un aqueduc qui en four¬ nit préfentement une quantité lüffifante. Mahomet, pour rendre la Ville de la Mecque,lieu de fa naiflance, plus confidérable, pour échauffer la dévotion des peuples, & y attirer une plus grande foule de pèlerins, a donné de grands éloges à l’eau de ce puits. Car il y a une Tradition de lui reçue par le Khalife Omar, qui porte que l’eau du puits de Zemzem fert de remede, & donne la fanté à celui qui en boit, mais que celui qui en boit abondamment, & qui s’en dé¬ faites, obtient le pardon de tous fes péchés. Et l’on rap¬ porte d’Abdallah,furnommé Al-Hafedh, à caufequ’il fa voit par cœur un grand nombre de Traditions, qu’étant interrogé fur fa mémoire, il répondit que depuis qu’il avoit bu à longs traits de l’eau du Zemzem pour la for¬ tifier, il n avoit rien oublié de ce qu’il avoit appris. ZEMZEMI. Divan Zemzemi. C’eft le titre d’un Recueil de plufieurs Poëmes, dont chacun a pour rime une des lettres de l’Alphabet Arabique, fous ces Ou¬ vrages font faits par différents Auteurs a la louange de Mahomet, de fes Compagnons, des principaux Imams & Doéteurs du Mufulmanifme, & des Villes de la Mecque & de Medine. Il eft dans la Biblioth. du Roi, n°. 1161. ZENADECAH. Ce mot eft le plurier de Zehdik, qui lignifie proprement un Sadducéen, & par exten- fion, un Impie & un Athée. ( Vplus h as le titre de Zendik.) ZEN ATI. Nom d’un Schëïkh ou Doéteur qui a écrit de la Géomancie. (V. le titre de Raml ou Reml.) ZENBEL. Ahmed Al-Rammal Al-Mahadi eft furnommé Ehn Zenbel. C’eft l’Auteur d’un Livre in¬ titulé Moharehat Solthan Selim : Hiftoire des guer¬ res de Sultan Selim, 1er. du nom. Z E NB IL. Panier fait de jonc, ou même de cuir. C’eft le titre de deux Livres, dont l’un porte le nom de Zenhil almodannar, compofé par Mohammed Ben Galouiat ; & l’autre le titre de Zenhil Al-Modànnal compofé par Mohammed Ben Maher Al-Mefri. ZEND. Ce mot étant Arabe, lignifie proprement un Fufîl, qui fert à faire du feu; & c’eft métapho¬ riquement le titre de plufieurs Ouvrages. Secth Al-Zend: Feu excité avec le Fujil. Titre que porte le Divan ou Corps de Poéfies, compofé par About Ola Ahmed Ben Al-Ola, Ben Abdallah Al- Mocri. C’eft l’Ouvrage du plus fameux Poëte des Ara¬ bes, qui mourut l’an 449e. de THég. Il contient 3000 Beit ou 6000 Vers. (Vi le titve de Abqul Ola-9 V A. Ce Livre a été commenté par Ab ou Zakaria Iahia Ben Ali Al-Tabrizi, qui a intitulé fou Ouvrage, Dhau alfcbth : La Lumière ou X Eclair ciJJement du Poème dAhoul Ola. Il y a un autre Livre d’Arithmécique, qui porte le même titre de Seclh Al-Zend. ZEND alara. Titre d’un Livre compofé par Soiouthi, pour répondre aux demandes que l’on fup- pofe avoir été faites par Alexandre. ZEND. Ce mot en Langue Perfienne, eft le ti¬ tre du premier Livre de Zerdafcht , ou Zoroajlre , qui eft comme la Bible, pour ainfi dire, des Mages Zoroaftriens, qui admettent les deux principes , ce qui lui fait donner le titre de T aurai althanouiat. Le Livre nommé Zend fut fuivi d’un autre nommé Pazend, dont il faut voir le titre. Ces deux Ouvrages de Zend & de Pazend, ont un Commentaire qui porte le titre de Oufla, ou Abefta. p V. aujji ces ti¬ tres.') Et ces trois Livres, Zend, Pazend & Oujla, comprennent toute la Religion des anciens Mages de Perfe, connus fous les noms de Magioufch, de Par- fa, de Ghebr ou Ghiaur, & üAtefchpcreft, qui lignifie Adorateur du feu. Ce mot de Zend lignifie Vivant ; de forte qu’il femble que les Mages ayent qualifié leur Livre qu’ils eftimen: facré, du titre de Vie ou Livre de Vie. ZENDAK. QV. le titre de Zendik.) 3ENDEH ROUD : IL Eau vive. Ce n’eft pas la fontaine de vie fort célébrée parles Orientaux; mais le nom d’une petite riviere qui pafië à Ifpahan, que l’on appelle vulgairement Senderoud. ( V\ le titre dé’Ab ZE&DEkROUD.) ZENDIK ou Zendak. Mot Arabe, dont le plu¬ rier eft Zenadecah. Quelques-uns veulent que ce mot fijhifie un Sadducéen; c’eft-à-dire un homme qui ne croit pas la réfurreétion, ni l’autre vie, non plus que les Sadducéens parmi les Juifs. Mais les autres fou- tiennent plus probablement, que ce mot, lignifie pro¬ prement un Megioufch, ou Megioufchi, c’eft-à-dire, un Mage, difciple de Zoroajlre, & Adorateur du. Esn, '& qu’il tire fon origine de Zendik de Pazend, Livres de Zoroajlre qui comprennent toute la Reli¬ gion des Mages. Quoi qu’il en foit de l’origine de ce mot, il eft certain qu’il fignifie chez les Arabes & autres Maho- métans, un Impie, qui n’eft ni Juif, ni Chrétien, ni Mahométan, ou qui étant dans Tune de ces trois Re-i ligions, n’en croit pas les principes, ou n’en obferve pas, par mépris, les préceptes. Sâdi Schirazi dit qu’une belle perfonne au milieu des aveugles, eft comme un Livre faine dans la maifon d’un Zendik. Ben Schohnah rapporte dans la Vie d’Abou Giâfar al-Manfo:, fécond Khalife des Abbaffides, qu’il s’é¬ leva dans la Ville d’Anbar, ou Hafchemiah, qui étoit pour lors le fiege du Khalifat, une Seéte de Zena¬ decah ou Impies, qui foutenoient al-Tana]oukhiah, c’eft-à-dire la Métempfycofe, ou Tranfmigration des âmes, félon les fentiments d'Abou Mojlem al-Khoraf- fani. Ces gens vouloienc rendre un culte particulier & religieux au Khalife, dans la perfonne duquel ils croyoienc que l’ame d’Ali avoit pafîe, & que cette même ame étoit venue par fucceffion, de Prophètes en Prophètes, jufqu’à lui. Khondemir appelle cette Seéte, Ravendiah, & dit qu’il fallut que le Khalife employât la force de fes troupes pour la difliper. L’Auteur du Mircat traduit le mot Arabe Zendik, en Turc , Kiameteh monkir & Kiameteh inkiariden: Celui qui nie la réfurreSHon. Valid, fils d’Iezid, Khalife de la race des Ommia- \](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30457300_0954.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)