La convention de Genève au point de vue historique, critique et dogmatique / par C. Lueder ... ouvrage qui a remporté le prix offert en 1873 par S. M. l'impératrice d'Allemagne; tr. par les soins du Comité international de la Croix-rouge.
- Lueder, C. (Carl Christoph Johann Friedrich Ludwig), 1834-1895.
- Date:
- 1876
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Credit: La convention de Genève au point de vue historique, critique et dogmatique / par C. Lueder ... ouvrage qui a remporté le prix offert en 1873 par S. M. l'impératrice d'Allemagne; tr. par les soins du Comité international de la Croix-rouge. Source: Wellcome Collection.
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![D’après des documents authentiques, le dépouillement et le pillage des blessés et des cadavres a eu lieu sur une grande échelle ^ aussi bien dans* la guerre de 1866 que dans celle de 1870-71. Et, me ne sans motif intéressé, la population ennemie non militaire s’est rendue cou- pable, dans ces deux guerres, de mauvais traitements et de cruautés de la nature la plus barbare (par exemple elle a arraché les yeux à des blessés, comme nous l’avons dit). Il n’est pas nécessaire d’insister sur ce que l’on doit garantir les militaires par tous les moyens possibles, contre des traitements aussi horribles, et empêcher que riiumanité ne soit souillée de taches aussi honteuses. Aucun Etat ne reculera devant la nécessité de prendre des mesures répressives énergiques; l’on a déjà adopté dernièrement, surtout en iVllemagne, d'excellentes dispositions pour améliorer la police de cam- pagne et d’autres institutions semblaldes, en particulier on a régle- menté le servicedes vivandiers. Cependant la question de la protection à garantir aux militaires blessés est précisément un des problèmes que la législation internationale doit résoudre. Nous avons affaire ici avec un mal qui intéresse également tous les États et riiumanité tout en- tière, car il est aussi funeste ])our l’Etat dont les habitants le com- mettent, que pour celui dont les ressortissants ont à en souffrir. Il est nécessaire de ne négliger à cet égard aucun moyen de protection, et d'essayer celui de prescriptions internationales. Aucun scrupule ne doit s’opposer à leur introduction dans la Convention de Genève, car on ne doit pas y voir une restriction impraticable de la souveraineté et du droit politique des differents États; la disposition dont il s’agit devrait d'ailleurs être rédigée de telle sorte qu’elle n’exigeât rien de trop, ni rien d’impossible'’. Personne n’aurait de motifs suffisants pour déclarer une telle disposition, correctement rédigée, moins ])ropre à être admise dans la Convention, que celles qui y sont déjà h Ce Sont des scrupules de la nature de ceux que nous venons d’indi- quer, qui ont empêché l’admission d’une telle disposition dans le pro- ^ Voy. p. ex. D' Vix, dans le passage que nous citerons bientôt, p. 99 ; Lœffler et d'antres témoignages en grand nombre. ® Cf. Moynier, Étude, p. 277. Moynier, ibid. Cf. D' Vix, Eefaheungen aus dem Krierje von i860, in Mitthei- lunrjen an den Hïdfsverein ira GrossherzogtJiam Hessen, p. 106.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24867536_0284.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)