La convention de Genève au point de vue historique, critique et dogmatique / par C. Lueder ... ouvrage qui a remporté le prix offert en 1873 par S. M. l'impératrice d'Allemagne; tr. par les soins du Comité international de la Croix-rouge.
- Lueder, C. (Carl Christoph Johann Friedrich Ludwig), 1834-1895.
- Date:
- 1876
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Credit: La convention de Genève au point de vue historique, critique et dogmatique / par C. Lueder ... ouvrage qui a remporté le prix offert en 1873 par S. M. l'impératrice d'Allemagne; tr. par les soins du Comité international de la Croix-rouge. Source: Wellcome Collection.
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![le cas; c’est pourquoi nous ne pouvons pas voir dans le cinquième ar- ticle additionnel un perfectionnement pratique de la Convention Même en admettant que la condition exigée fût fidèlement obser- vée, que le blessé restitué ne prît plus part à la guerre, il n’y aurait pas moins là un renfort indirect, pour l’ennemi auquel les militaires propres au service auraient été restitués. Ils pourraient, dans leur pays, contribuer à augmenter la force armée, en ce sens, qu’en occu- pant une place qu’on ne peut laisser vide, ils fourniraient à ceux qui la gardaient auparavant la possibilité de prendre part à la guerre; ils pourraient, par leur retour, et de mille manières, rendre disponibles des forces militaires de leur pays, non disponibles précédemment, et suivant les circonstances, par leur rentrée dans leurs foyers, ren- forcer leur armée d’une manière considérable; ils pourraient être em- ployés comme instructeurs, par exemple, pour ne rien dire des in- fluences économiques propres à relever le moral du pays auquel les blessés seraient restitués. Un seul exemple, déjà indiqué par d’autres^®, suffira pour montrer la gravité de la disposition dont il, s’agit. Si les nombreux Français blessés, tombés aux mains des Allemands dans la dernière grande guerre, eussent été restitués à la France après leur guérison, qu’ils eussent tous rempli la condition imposée, et n’eussent pas repris les armes dans la guerre contre l’Allemagne, rien ne se fût opposé à ce que la France les envoyât à Alger, pour rendre disponibles contre l’Alle- magne des bataillons et des régiments dont on eût pu se passer en Afrique. En tout cas, il faudrait améliorer la rédaction de la disposition dont il s’agit (« reprendre les armes, >) et en choisir une qui pût exclure tout renfort même indirect de l’ennemi, par la rentrée des blessés resti- tués, par exemple : < reprendre les armes, ou agir directement ou in- directement au préjudice de l’ennemi^’. » Nous doutons, il est vrai, que la tentative réussisse et que la disposition puisse être observée dans la pratique. S’il est permis de supposer que la condition ne se réalisera pas toujours, en revanche le danger de voir la promesse violée est tou- jours là. Lôffler, 1. c., p. 78. 16 Dr V. C. ]. c., p. 18. Dr V. C. 1. c.; p. 58.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24867536_0295.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)