Traite d'hygiene navale / par J.-B. Fonssagrives.
- Jean-Baptiste Fonssagrives
- Date:
- 1887
Licence: Public Domain Mark
Credit: Traite d'hygiene navale / par J.-B. Fonssagrives. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by Royal College of Physicians, London. The original may be consulted at Royal College of Physicians, London.
41/944 page 21
![aussi parce qu'il y avait des difficultés pour l'application du doublage. Aujourd'hui les cuirassés sont recouverts d'une feuille de 0',06 environ de bois placée sur les plaques de fer, et c'est sur cette feuille de bois que s'applique le doublage de cuivre. C'est, en somme, un moyen puis- sant pour lutter contre Thumidité, cette incessante et redoutable enne- mie de la conservation des navires et de celle de leurs équipages, et qui s'introduit non-seulement par les coutures des bâtiments, mais encore par les porosités du bois sur lequel l'eau déplacée par le sillage exerce •une pression considérable. III. Plomb. — Dans la première édition de ce livre, réagissant avec exagération contre une opinion qui me semblait exagérée et qui attri- buait au plomb entrant dans la construction et les approvisionnements <lu navire une influence des plus dangereuses au point de vue de la salubrité, je faisais remarquer que l'humilité du rôle du plomb à bord des navires aurait dû le prémunir contre ces inculpations, et je repous- sais en particulier la théorie de l'étiologie saturnine de la colique sèche des pays chauds. Mes opinions sur ce point s'étant complètement mo- difiées et cette question d'hygiène navale étant d'une importance capi- tale, je crois devoir entrer ici dans quelques explications. On m'a reproché, et on me reprochera sans doute encore une sorte de versatilité à ce propos. Je ne crois pas avoir à m'en défendre. Je m'é- tais trompé à une époque oh le défaut de documents rendait cette méprise excusable ; j'étais dans l'erreur de bonne foi ; je l'ai reconnu de bonne foi, et je ne crois pas qu'il y ait jamais de mal ni de faiblesse « à se laisser vaincre par la vérité, » comme parle Bourdaloue. L'erreur même contribue souvent pour sa part à l'enfantement du vrai. Si je n'avais pas soutenu avec autant d'ardeur la théorie de la non-identité de la colique sèche avec la colique de plomb (1), les travaux contradictoires -et très-victorieux (je le reconnais sans peine) de feu mon vénéré maître Amédée Lefèvre n'auraient peut-être pas surgi, et les progrès dont ils ont été le point de départ en hygiène navale seraient encore à réaliser. Le rôle que je revendique ici est humble sans doute et messied un peu à l'amour-propre, mais que vaut ce mauvais petit sentiment quand il s'agit de vérité scientifique et d'humanité ? Je disais donc à cette époque qu'il y avait peu de plomb à bord des navires. Am. Lefèvre, dans une inexorable argumentation qui n'a rien (1) Fonssagrives, Mémoire pour servir à l'histoire de la 'coligue nerveuse endémique des pays chauds [colique sèche, colique végétale, barbiers, névralgie du grand sympa- thique (Arch. gén. deméd., 1852, 4« série, t. XXIX, p. 125 et 299, t. XXX, p. IGO)]. — De la nature et du traitement de la colique nerveuse des pays chauds {Gaz. hehd. de méd., 1857, t. IV, p, 548, 573 et 605). — Observation curieuse de colique nerveuse endé- mique des pays chauds enrayée par le sulfate de quinine à haute dose; atialogie de nature entre cette affection et les autres fièvres larvées ou névralgies paludéenne.^ {Union médicale, 12 décembre 1857, p. G05).](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b23982755_0041.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


