Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur Küss / par Mathias Duval.
- Küss, Émile, 1815-1871.
- Date:
- 1883
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Credit: Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur Küss / par Mathias Duval. Source: Wellcome Collection.
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![Ce n'est pas à dire que la physique et la chimie nous permettent aujourd'hui d'expliquer tous les phénomènes que présentent les êtres vivants ; msd'n du moins ces sciences nous permettent toujours, grâce à leurs puissants moyens d'investigation, de saisir et de localiser ces phénomènes, de les rattacher à un substratum orga- nique, et nous dispensent d'invoquer l'existence d'un princij)c entièrement indépendant des formes organiques dans lesquelles il se manifesterait. Alors môme qu'on conserverait le nom de force vitale pour exprimer d'une manière générale les phénomènes d'évolution que présentent les éléments anatomiques (ci-après : physiologie de la cellule)^ on ne peut songer à considérer cette force comme un principe intelligent, capricieux ou volontaire, mais seulement comme une propriété de la matière, comme un mode spécial de mouvements moléculaires. C'est au commencement de ce siècle que Xavier Bichat formula le premier nettement cette idée, que la raison des phénomènes qui carac- térisent les êtres vivants doit être cherchée non pas dans ractivilé mystérieuse d'un principe d'ordre supérieur immatériel, mais, au con traire, dans les propriétés de la matière au sein de laquelle s'accom- plissent ces phénomènes. Bichat, fondateur de Vanatomie générale^ créateur de la science des tissus, devait être fatalement amené à consi- dérer les phénomènes vitaux comme résultant des propriétés, des activités particulières des tissus. En s'en tenant à cet énoncé général, Bichat nous apparaît comme le fondateur de la physiologie générale ; mais, en réalité, il )i'en est rien : si, à la conception métaphysique des anciens, Bichat substitue une conception physiologique qui cherche à expliquer les manifestations vitales par les propriétés mêmes de la matière des tissus, il retombe dans une hypothèse vitaliste lorsqu'il s'agit de définir les propriétés de ces tissus ; loin de chercher à étaldir une ressemblance, une identité entre les phénomènes des corps vivants et ceux des corps inorganiques, il ])0se en principe que les propriétés vitales des tissus sont absolument opposées aux propriétés physiques : la vie est à ses yeux une lutte entre des actions opposées, entre les actions physico-chimiques et les actions vitales, car il admet que les propriétés vitales conservent le corps vivant en entravant les propriétés physiques qui tendent à le détruire. Quand la mort survient, c'est le triomphe des propriétés physiques sur leurs antagonistes. Bichat, d'ailleurs, résume complètement ses idées dans la définition qu'il donne de la vie ; la vie est l'ensemble des fonctions qui résistent d la mort; ce qui signifie pour lui: la vie est l'ensemble des ])ropriétès vitales qui résistent aux propriétés physiques. Or, comme nous l'avons dit ci-dessus, les propriétés vitales des éléments anatomiques, la foi'ce vitale, en un mot, en admettant qu'elle représente une force distincte des forces physiques et chimiques, ne peut être considérée que comme se superposant à ces forces, combinant ses effets aux leurs, recevant](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21215625_0014.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


