Nouvelle méchanique des mouvements de l'homme et des animaux / par P.J. Barthez.
- Paul Joseph Barthez
- Date:
- An VI (1798)
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Credit: Nouvelle méchanique des mouvements de l'homme et des animaux / par P.J. Barthez. Source: Wellcome Collection.
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![( 2.14 ) Telle me paroît être la cause , inconnue jusqu’ici , des mouvements obliques qu’affectent dans leur Vol, plusieurs espèces d’oiseaux qui néanmoins ont leurs ailes placées convenablement parrapport à leur centre de gravité. C’est pour cette raison, que les Poules et les Paons ne peuvent diriger leur Vol en ligne droite ( i ) : que la Caille dans son Vol file en glissant obliquement , et d’autant plus que sa vigueur est promptement épuisée par les grands efforts que doivent faire ses petites ailes ( z ) : etc. Je pense que c’est par une espèce de tâtonnement que font divers oiseaux en commençant leur Vol , qu’ils parviennent à en assurer la di- rection. C’est ce qu’on voit bien, par exemple, dans le Pigeon \ qui lorsqu’il s’élève pour voler, non-seulement agite ses ailes avec une trépi- dation très-sensible, mais fait un détour manifeste avant que de poursuivre son Vol en ligne droite. Cette allure , commune à tous les genres de pigeons, est singulièrement marquée dans le pigeon qu’on a nommé pigeon tournant ou frappeur, ( Smitter en Anglais ) parcequ’il tourne en rond lorsqu’il vole , et qu’il fi. it beaucoup de bruit par les battements de ses ailes ( qu’il meut avec tant de violence, que souvent il se rompt quelques pennes ). Ce pigeon tournant a été connu des Arabes. Mais tous les efforts pour diriger au centre de gravité les puissances résultantes de ses forces motrices, sont inutiles dans cette espèce de pigeon qu’on a appellé pigeon culbutant ( Tumbler en Anglais ). Quoiqu’il vole très-légèrement , et qu’il s’élève plus haut qu’aucun autre pigeon ^ il tournoyé sur lui-même en volant , comme un corps jetté en l’air , ou comme une balle qui tourne sur son axe. Une cause analogue à celle qui fait que les oiseaux pesants volent obli- quement ; produit le Vol très-sinueux ( qu’on appelle en crochet ) qu’ont souvent les Bécasses et les Bécassines. La plus grande facilité qu’a pour diviser l’air dans le Vol,leur bec long et effilé \ fait que leur corps suspendu (1) Anstote [ De inc. Anim. c. 10.] l’attribue à ce que l'uropygium [ou l’extremite' de l’os sacrum qui porte ia queue] n’est pas propre dans ces oiseaux , ainsi qu’il l’est dan* les autres ; à diriger le Vol , en agissant comme un gouvernail. (2) On peut aussi présuner un certain degré d’obliquité dans le vol de l’Autour, et de l’Epervier 5 puisqu’ils ne fondent pas directement sur leur proye , mais qu’ils la saisissent de côté.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24918829_0232.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)