Musée rétrospectif de la classe 16 : Médecine et chirurgie / Rapport du dr. Tuffier.
- Théodore Tuffier
- Date:
- [1900]
Licence: In copyright
Credit: Musée rétrospectif de la classe 16 : Médecine et chirurgie / Rapport du dr. Tuffier. Source: Wellcome Collection.
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![souu'iü, CM ivoire (otiriK', très élégant et Inen en main. T^es collcelions de la Faenité (le médeeinc de Paris nous montraient une grande quantité d'instruments employés pour l'opération de la taille: gorgerets, (‘onduelenrs, tenettes, etc. Tout le monde connaît le r(')le important joué par la saignée pendant plusieurs siècles; le dix-septième et le dix-luiitième siècle surtout mar(|uèrent l’apogée de la phlébotomie. Saignée et purgation étaient les deux pierres angulaires de l’édifice thérapeutique. Aussi s’expli(pie-t-on le nombre considérable de lancettes que produit celte époque. La collection du D' Ilamonic et la collection de la Faculté de médecine en montraient une variété extrême. Certains des étuis à lancettes sont de purs petits chefs-d’œuvre d’élé- gance et de finesse. Les lancettes, avec leurs lames minces et souples, leurs valves de corne plus transparentes que l’écaille, donnent une sensation d’art délicat. Lames à grain d’orge, à grain d’avoine, en langue de serpent, manche de corne, d’écaille, de nacre, la multiplicité est extrême. Le désir de raffiner et de créer sans cesse des types nouveaux a produit des lancettes automatiques à déclanchemeut et (jui, mues par un ressort, devaient faire pénétrer la lame dans la veine. Pour juger de la vogue de la saignée à une certaine époque, il u’y avait ({u’à voir le délicieux motif de céramique qu’exposai! Ilamonic. Une jeune femme à demi nue est étendue sur un large fauteuil, son bras gauche est supporté par un Amour chirurgien qui tient de sa main droite la lancette avec laquelle il va piquer la veine, tandis que la main gauche immolhlise les téguments du coude; un petit Amour infirmier tient le plat à saigner. Au coté opposé, uu petit chien paraît s’inté- resser vivement à l’opération que sa maîiresse va subir; le groupe charmant, en porcelaine blanche, représente la saignée dans ses moindres détails et indicpie que cette opération était tellement entrée dans la mode qu'un artiste ne craignait point [Colleclion de M. Raimd.) de l’idéaliser. Les scarificateurs prennent place à côté des lancettes. Leur nombre à l’Ex- position rétrospective était relativement restreint. Comme la lancette, cet instru- ment ])araît être arrivé assez rapidement à la perfection; du temps d’Ambroise Paré à la fin du dix-neuvième siècle la forme en a peu changé, ce sont toujours des lames montées sur un arbre commun et mues par un ressort; nous possédons des scarificateurs du dix-huitième siècle (|ui sont remarquables, non seulement par les moulures et les ciselures dont ils sont ornés, mais parla richesse de leur monture en argent massif. Avant d’en finir avec les instruments d’usage courant au dix-septième et au dix-huitième siècle, on ne saurait passer sous silence les serin- gues, qui exercèrent la verve de Molière; il en existait qui son! de véritables chefs- d’œuvre de fine et précieuse ciselure. De capacité restreinte, elles avaient un usage 3](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24857828_0043.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


