Commercial. No. 22 (1884). Further reports respecting the cholera epidemic in Egypt and the proceedings of the German Scientific Committee.
- Date:
- 1884
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Credit: Commercial. No. 22 (1884). Further reports respecting the cholera epidemic in Egypt and the proceedings of the German Scientific Committee. Source: Wellcome Collection.
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![Dans cette situation il est impossible de determiner l’extension de la maladie et le nombre de ses victimes. II est toutefois avere, et l’opinion publique est fixee sur ce point, que le typhus bovin—c’est ainsi que cette maladie a ete generalement qualifiee—a enleve une grande, sinon la plus grande partie du Detail. Cette epidemie a ete signalee des le mois de Fevrier dans la Province de Charkieh ; elle s’est manifestee ensuite dans le Dakahlieb, et les habitants de Mansourah savent combien les villages situes aux environs ont ete eprouves. D’aprds des personnes qui connaissent bien le pays et qui sont dignes de confiance, certaines contrees en Egypte auraient perdu jusqu’aux deux tiers du bdtail, et l’agriculture Egyptienne aurait subi une perte dont elle aura de la peine a se relever. II est impossible en l’absence de donnees precises d’evaluer, meme approximativement, le nombre des bestiaux emportes. Toutefois, nous craignons que si la lumiere se fait jamais sur ce point, l’opinion publique sera effrayee de l’etendue du mal. II parait que le Gouvernement ne s’est pas preoccupe de cette situation, ou que s’il s’en est preoccupe, il a ete, sciemment, induit en erreur par ses propres fonctionnaires. La population indigene du pays ne voit qu’avec une certaine apprehension la preparation et la prise de mesures relatives a des objets d’une nature exceptionnelle. Elle aime a se soustraire au controle des autorites, elle craint la facon dont les fonctiormaires n’executent que trop souvent des instructions d’ailleurs sages; ignorante, attachee a ses coutumes, elle n’a aucune comprehension de la necessite des mesures d’hvgiene et c’est ainsi que les prescriptions hygieniques edictees dans beaucoup de localites en Egypte n’ont eu qu’un commencement et un semblant d’exe'cution et sont allees se briser contre l’opposition, tantot active, tantot passive, de la population indigene. Les cadavres des animaux morts n’ont jamais ete enterres ; on les a jetes, apres avoir enleve la peau, dans le cours dean le plus voisin. Ces cadavres en putrefaction ont empoisonne les cours d’eau et canaux, dans lesquels la population puise l’eau necessaire pour la nourriture et pour les besoins du menage. Il y a plus. Dans beaucoup de cas les animaux reconnus atteints de la maladie ont ete immediatement abattus et la chair a ete livree a la consommation. L’oke, c’est un fait de notoriete publique, se vendait a une piastre courante, et la population s’est nourrie d’une chair plus que nuisible a la sante, et pouvant engendrer des maladies epidemiques. Nous nous rappelons qu’aux mois d’Avril et de Mai la forte mortality, tout exception- nelle, qui s’est declaree dans beaucoup de villages autour de Mansourah (entre autres dans les villages de Mit-Mazzah et Midet-Sandoub) a ete attribute a l’usage d’une viande infectee. En suivant la marche et le developpement du typhus bovin, nous croyons pouvoir affirmer des a present qu’il a precede l’epidemie febriforme et choleriforme qui a ravage ensuite la population de l’Egypte. Le typhus bovin a eclate d’abord dans la province de Charkieh ; nous tenons de bonne source qu’une epidemie caracterisee comme cello qui s’est declaree ensuite & Mit-Mazzah et autres villages autour de Mansourah, par 1a. diarrhbe, des coliques et des vomissements, avec issue prompte et fatale dans la plupart des cas, se declara des le mois de Mars dans plusieurs villages du Charkieh et notamment a Kafr-Salame, connu aussi sous le nom de Choubra-el-Enab. Plus tard et a mesure que le typhus bovin s’etend et envahit le Dakahlieb, les popu- lations des endroits envahis sont successivement atteintes par le fleau. Observation tres importante. Ce ne sont pas les localites situees sur le Nil qui sont envahies en premier lieu ; l’epidemie humaine se manifeste d’abord dans les villages de l’interieur, et les villes et villa ges sur le Nil ne sont envahis qu’apres que I’epidemie a eclate comme un coup de foudre a Damiette, en effrayant l’Egypte et 1’Europe. L’eau dans les canaux, devenue presque stagnante au commencement des chaleurs, quand le Nil est bas, a ete cmpoisonnee par les carcasses en putrefaction et elle a engendre la maladie chez les hommes. L’eau courante du Nil n’a charrid qu’une partie relativement minime des bestiaux morts; elle a ete moins chargee de matieres putrides. A Damiette toutefois, il s’est presente un concours des circonstances tout particulier et elle a ete le premier des endroits atteints sur le bord du Nil. Les centaines et les milliers de cadavres charries par le Nil et que nous avons vu constamment passer devant Mansourah, ont ete arretes a 1’embouchure du Nil, devenu trop bas pour pouvoir les enlever et les transporter dans la mer. 11 s’est forme ainsi une vaste flaque d’eau putride, laquelle echauffee par les rayons d’un soieil ardent est devenue un foyer d’infection et le premier propagateur de la maladie. Nous ne nous arretons pas aux autres conditions hygieniques de Damiette; elles ne sont malheureusement que trop connues. [274] C](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24914708_0011.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)