Copy 1, Volume 1
Traité des maladies des voies urinaires / [François Chopart].
- François Chopart
- Date:
- 1821
Licence: Public Domain Mark
Credit: Traité des maladies des voies urinaires / [François Chopart]. Source: Wellcome Collection.
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![( 4 ) La cystite symptomatique peut dépendre de raffectîon des parties voisines de la vessie, d’hémorroïdes enflammées, abcès au fondement ou à la prostate, d’un épanche- ment de sang ou de pus dans le ventre. L’irritation com- muniquée a la vessie par le vice de ces parties peut y dé- terminer le spasme ou une inflammation assez vive pour causer des douleurs aiguës, la difficulté d’uriner, et la ré • tention d’urine. Nous citerons un seul exemple de cette cystite symptomatique produite par l’inflammation d’hémor- roïdes très-volumineuses. I il juif âgé de cinquante-cinq ans, d’un tempérament sec et bilieux, sujet a des hémorroïdes qui bordaient et rétré- cissaient 1 anus, n avait jamais éprouvé de difficulté d’uriner. Scs hémorroïdes s enflammèrent ; dès le troisième jour de cet accident, il eut de fréquentes envies d’uriner ; il ne put y satisfaire qu’avec douleur , et quelquefois en urinant goutte à goutte; on employa les saignées et les autres re- met] es propres a combattre les progrès de l’inflammation. La difficulté d’uriner augmenta; la rétention de l’urine de- L inflammation de la vessie est une maladie beaucoup moins rare que ne semble l’indiquer le nom qu’Hoffmanu lui a donné. Et, malgré l’opinion de Cullen , elle est fréquemment une affection primitive. Je pourrais en multiplier les exemples; je me bornerai au suivant: Un homme de soixante ans , fort et robuste , et très-adonné à la débauche, reçoit, étant ivre, un coup de bâton sur la région hypogastrique; il éprouve dans l’instant une douleur vive dans cette région , qui cesse quelques instans après. Ee surlendemain la douleur reparut, s’étendit à tout l’abdomen avec tension de cetle partie , isoluirie, rétraction des testicules , pouls dur, fréquent, etc. Le malade n’avait pas uriné de- puis dix-huit heures , quand je le vis; je le sondai avec difficulté , et j’évacuai deux litres d’urines noirâtres, d’une odeur ammoniacale très- prononcée. Le septième jour les urines reprirent leur cours , elles entraî- nèrent quelques caillots de sang, et leur émission fut d’abord très-dou- loureuse. Les symptômes s’amendèrent, elle malade recouvra la santé vers le dix-huitième jour. Dans les cas très-nombreux que j’ai observés, j’ai toujours obtenu de bons effets de l’application des sangsues au périnée , moyen que je re- nouvelais autant qu’il était nécessaire, d’après l’intensité de i’intlam- jnatiou , cl que je préfère à la saignée générale, surtout chez les vieil- lards, où cette dernière peut avoir des suites très-fâcheuses. F. P.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28745620_0001_0438.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)