Copy 1, Volume 1
Catlin's notes of eight years' travels and residence in Europe, with his North American Indian Collection. With anecdotes and incidents of the travels and adventures of three different parties of American Indians whom he introduced to the courts of England, France and Belgium / [George Catlin].
- George Catlin
- Date:
- 1848
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Credit: Catlin's notes of eight years' travels and residence in Europe, with his North American Indian Collection. With anecdotes and incidents of the travels and adventures of three different parties of American Indians whom he introduced to the courts of England, France and Belgium / [George Catlin]. Source: Wellcome Collection.
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![FRENCH PRESS. CONSTITUTIONNEL du 22 Juin. Le museé Catlin est une des collections les plus curieuses qu’on ait vues_& Paris, tant & cause du caractére naif de la peinture, qu’& cause de lorigi- nalité des sujets qu’elle représente. M. Catlin a donc rapporté de son voyage aux Montagnes Rocheuses quatre & cing cents toiles, portraits ou paysages, tous peints d’aprés nature. Parmi ces portraits, il y a des figures d’une beauté, d’une élégance superbes. Il y a des profils, le croirait-on, qui rappellent le type grec ou |’Antinoiis. Bien plus, dans les scénes de danse ou de combat, dans les fétes ou les as- semblées de tribus, on remarque tres souvent des personnages dont la pose, l’attitude, le geste, ressemblent tout-a-fait & l’antique. Cela n’est pas, d’ail- leurs, si surprenant pour qui veut réflechir au caractére de la beauté antique. Qu’est-ce donc qui distingue l’art grec entre tous les arts? n’est-ce pas la simplicité et le naturel? Les artistes grecs avaient le bon- heur de trouver d’abord autour d’eux toutes les conditions premieres de race, de climat, de civilisation, qui favorisent le développement de la beauté ; et secondement, ils laissaient faire la nature et ne torturaient jamais le mouve- ment de leur modéle. II n’y a dans toute la statuaire grecque que cing ou six poses peut-étre qui sont le type de tous les autres mouvemens. Les hommes rapprochés de la nature ne se tortillent pas comme les civilisés. Le calme est d’ordre naturel; et c’est 1a un des premiers élémens de la beauté antique qu’on retrouve dans la beauté sauvage. Les paysagistes pourraient bien aussi étudier avec profit la peinture facile et vraie de M. Catlin qui n’est pourtant initié & aucun des procédés sca- breux de l’art civilisé. M. Catlin peint tranquillement du premier coup, en mettant un ton juste et franc & cdté d’un autre, et il ne parait pas qu'il re- vienne jamais ni par glacis ni par empatement. Mais son sentiment est sl vif et en quelque sorte si sincére, son exécution si naive et si spontanée, que l'effet, vu juste, est rendu juste. I] a fait ainsi des ciels d’une transparence et d’une lumiére bien difficile & obtenir, méme pour les praticiens les plus habiles des lointains d’une finesse rare et bien balancés entre la terre et le ciel. En présence de cette nature toute nouvelle, de ces formes singuliéres du pays, de cette couleur du ciel et des arbres, si originale, un peintre de profession se serait bien tourmenté pour exprimer toutes ces belles choses, et il y aurait sans doute mis beaucoup trop de ses préjugés et de sa person- nalité civilisée. Il est trés heureux que M. Catlin ait été seulement assez peintre pour faire tout bonnement sur la toile ce qu’il voyait, sans parti pris d’avance et sans convention européenne. Nous avons ainsi des steppes dont nous ne nous faisions pas une image, des buffles prodigieux, des chasses fan- tastiques, et une foule d’aspects et de scenes plus intéressantes l’une que Y’autre. Ici, c’est un marais vert tendre, entouré d’arbres sveltes et légers. La, c’est la plaine infinie avec ses grandes herbes mouvantes comme les yagues d’une mer sans repos, et l’on apercoit une course diabolique de quel-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b33283837_0001_0273.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)