Volume 1
Traité de physiologie / par J.-P. Morat et Maurice Doyon.
- Jean-Pierre Morat
- Date:
- 1899-1918
Licence: In copyright
Credit: Traité de physiologie / par J.-P. Morat et Maurice Doyon. Source: Wellcome Collection.
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![les résultats peuvent se trouver faussés du fait du travail muscu¬ laire ainsi fourni (Moussu). Anémie. Saignée. — Les ligatures artérielles restent générale¬ ment sans effet, en raison des anastomoses qui établissent des sup¬ pléances. La ligature de l'aorte exerce à peine une influence sur l’écoulement par le canal thoracique ; le liquide continue à s’écouler pendant quelques heures, parfois il perd son aptitude à la coagulation spontanée et s’accroît en matériaux solides albuminoïdes. Starung a fait remarquer que la ligature de l'aorte augmente la pression dans la veine cave inferieure et par suite n’arrête pas la sécrétion lymphatique du foie. Il est toutefois hors de doute que l’écoulement de la lymphe peut continuer par le canal thoracique plusieurs heures après la mort (Heidev- hajn, Wertheimer, Asiif.r, Gif.s, Pugi.iese). Moussu a constaté clic/ le cheval que la saignée, si elle est sufli- sante pour provoquer une chute notable de la pression générale, diminue le cours lymphatique. Au bout de plusieurs heures, l’écou¬ lement revient à la normale, par suite de l’absorption interstitielle et intestinale. Hoche a constaté chez le chien que la saignée augmente l’écoulement par le canal thoracique. L’expérience n’est pas en contradiction avec celle de Moussu, car, d’une part, le relève- mentdela tension se fait en partie aux dépens de l’absorption intes¬ tinale et, d’autre part, il y a dans l’expérience des actions multiples. Lymphagogues. — Certaines substances, dites lymphagogues, provoquent une augmentation considérable de l’écoulement de la lymphe, lorsqu’on les injecte dans les veines. Les unes sont cristal- lisables et bien définies, ce sont : le sucre, l’urée, l’acide urique, les chlorure, sulfate, azotate de sodium... (Heidendain) ; les autres sont des corps plus ou moins complexes et bien définis, tels que les extraits de certains organes (1) [muscles d’écrevisses, moules, ano- dontes, tètes cl corps de sangsues, intestins et foie de chien, blanc d’œuf (Heidenhain); thyroïde (Heger) ; les peptones (Heidenhain, Gley, Asher), certaines toxines microbiennes (Charrin et Athana- siu, Moussu)... le curare (Paschuttin, Lesser, Tarciianoff)]. La bile augmente la lymphe hépatique (Asher et Barrera). L’extrait aqueux de fraises injecté dans les veines du chien, amène l’augmentation de la lymphe du canal thoracique, retarde la coagulation du sang et fait baisser la pression artérielle (Clopatt, Gley). D’après Pugliese, la caféine est lymphagogue. Les modifications subies par la lymphe sont encore peu connues et paraissent dépendre en partie de la dose. Les substances cristalloïdes diminuent les maté- (1) On traite les matériaux par l'alcool à 97°, on les dessèche, on les pulvérise ; 3 par¬ ties de poudre dans 100 parties d’eau, donnent un extrait très actif.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29327854_0001_0881.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


