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Credit: Incantations médico-magiques en Savoie / A. van Gennep. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![détache des yeux de cette personne. Au nom de Dieu, du P., du F. et du S.-E. M. Vuarnet ayant communiqué cette formule narrative à M. Duchêne, avocat et maire de Nernier, celui-ci pro¬ posa d’écrire Point, Poinct, Poing, et de voir dans l’allité¬ ration une sorte de jeu de mots. Mais une prière magique recueillie à Château d’Oex prouve que le seul sens admis¬ sible est celui de percé, qui est normal : Point et oint et aussi bien point et oint comme N. S. J. C. a été point et oint sur la croix. Au nom, etc. (23). Il est vrai que cette prière sert à guérir les maux d’yeux ; mais on sait par rethnograpliie et le folklore comparés que le propre du mauvais œil et de l’action magique en général est de pénétrer, de percer ; de là remploi des amulettes pointues. D’ailleurs le début de la formule savoyarde prouve, par l’appel aux épines de la Sainte Couronne, que l’idée fondamentale de l’incanta¬ tion est bien une percée ; et sa fin indique qu’on regarde le « coup d’œil » comme une sorte de flèche ; c’est pour- ([uoi on demande que l’œil du sorcier ou dé la personne malintentionnée en soit privée. Voici enfin une formule incantatoire qui sert à (c liarrer » le feu ; elle vient de Filly, mais semble connue aussi à Messery et ailleurs dans la région ; 14. Feu tu ne seras pins feu, tu iras le matin dans les airs et tu suivras les eaux. Au nom du P., du F. et du S.-E. Cette formule doit être dite au moins trois fois ; mais se])t fois valent mieux ; il faut alors, à chaque fois, ])asser une eau courante. Il paraît qu’à lui seul déjà ce passage de sept eaux courantes a la puissance de «barrer le feu». En effet, l’oncle de M. Vuarnet, qui connaissait des « secrets » que malheureusement il a emjioftés dans la tombe, possédait, à Nernier, une maison attenante à une tannerie où le feu prit en 1804 ; il passa toute la nuit dehors et revint au matin éreinté ; il avait traversé les sept eaux courantes, ce qui l’avait forcé à marcher depuis Nernier jusqu’à Marclaz, près Thonon. Le fait est que sa maison ne brûla pas. Le procédé magique des se])t eaux à traverser m’est d’ailleurs signalé dans d’autres régions de la Savoie, (lu’il y ait eu de tous temps des personnes ca])ables de « barrer (23) Lanibelel. Cvoijaiices, p. 101-102, 21 et note.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30626961_0012.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)