Traité des acouchemens : naturels, non naturels, et contre nature, expliqués dans un grand nombre d'observations & de réflexions sur l'art d'acoucher. / Par le Sr. de La Motte, chirurgien juré & acoucheur à Valognes.
- Guillaume Mauquest de La Motte
- Date:
- M.DCC.XXVI. [1726]
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Credit: Traité des acouchemens : naturels, non naturels, et contre nature, expliqués dans un grand nombre d'observations & de réflexions sur l'art d'acoucher. / Par le Sr. de La Motte, chirurgien juré & acoucheur à Valognes. Source: Wellcome Collection.
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![côntraire par] celui des deux femences, qui Tout des madères propres pour former ce à quoi la nature les deffine, quand elles font reçues dans un lieu convenable à cet effèt ; aulieu que la loupe n’a ni matière ni lieu défignè de la nature, fi ce n’eft celui du pur hazard, qui néanmoins iè peut trouver en toutes les parties du corps, fans qu’aucune en foit exem- te: elle s’y fait elle-même fa place, elle y reçoit fa matière, elle y forme fes membranes, & elle s’y groflit, jufqü’à ce qu’elle foit intérompue dans fon aètion, corne je le ferai voir dans des Obfervations de Chirurgie, n’en parlant en cet endroit qu’à l’ocafion du raport que je trouve, entre la for¬ mation du fœtus du corps, puifque rien n’aproche plus de la vrayogrofTefiè que la fàufie, foit à l’ocafion d’une môle ou d’un faux germe, & qu’il y a moins de diférence entre la loupe & cette faufiegrofièire, qu’il n’y en a entre cetté faufie grofièlTe & la vraye, ^ Ce qui me perfuade d’autant plus, que c’eft de l’aflemblage des deux fe- mences que refulte la conception, ainfi que l’explique M. Mauriceau fans que je CToye néanmoins qu’il foit néceffaire que la fèmence de l’Home y entre tout entière, mais feulement fa partie la plus fpiritueufe, & que par cette même raifon une Femme peut concevoir un fécond & même un troi- fiéme Enfant, quelques jours après en avoir conçu un premier; pareeque la matrice n’eft point encore fermée fi exadement, que cette partie fubtile n’y puiffe pénétrer, ce qui n’arive plus dans la fuite, après que cette clô¬ ture eft exadement faite, auflî bien qu’elle en peut concevoir deux, trois, & même davantage d’une feule fois. , Ces opinions fi diférentes flir la génération & la formation du fœtus, montrent alfez la dificulté qu’il y a de rien dire de certain fur cette matiè¬ re, fans que j’alégue d’autres raifons pour perfuader cette vérité; quoiqu’en aparence elle foit infiniment plus facile - à expliquer, que le tems auquel l’ame y eft introduite. M. Mauriceau a cherché tous les moyens d’éclaircir cette dificulté ; il raporte même tous les fentimens des plus célébrés Auteurs qui ont écrit fur ce fujet, & dit enfuite le fien, qui eft tel, qu’il croit que dès le premier jour delà conception des femences, l’ame eft introduite au corps du fœtus, qui fuivant fon opinion, eft entièrement formé dès ce tems là, immédiatement après que toutes les particules des deux femences reçues dans la matrice, ayant été agitées par un mouvement inteftin, les plus no¬ bles fe font affemblées & concentrées au milieu de leur maffe liquide, pour en former, corne dans ünpoint, le petitEmbrion, qui pourlors n’eft pas plus gros qu’un grain de millet, & eft prefque imperceptible par fa peti- telTe. Il dit enfuite qu’il eft très perfuadé que fon opinion ne répugne pas aux miftéres de la foi, & que bien loin qu’elle foit d’une dangereufe con- féquence, il feroit au contraire très utile au Public que tout le monde en fut auffi perfuadé qu’il l’eft lui-même: ficelaétoit, continue-t-il, beaucoup de Femmes auroient horreur de fe faire avorter corne elles font fans feru- pule, dès le premier mois deleur grolTefte, dans lapenfée qu’elles ont de ne pas faire un grand mal j pareequ’elies s’imaginent fe procurer feulement](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b3041815x_0051.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


