Traité des acouchemens : naturels, non naturels, et contre nature, expliqués dans un grand nombre d'observations & de réflexions sur l'art d'acoucher. / Par le Sr. de La Motte, chirurgien juré & acoucheur à Valognes.
- Guillaume Mauquest de La Motte
- Date:
- M.DCC.XXVI. [1726]
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Credit: Traité des acouchemens : naturels, non naturels, et contre nature, expliqués dans un grand nombre d'observations & de réflexions sur l'art d'acoucher. / Par le Sr. de La Motte, chirurgien juré & acoucheur à Valognes. Source: Wellcome Collection.
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![t s U P L E’ M E N Tt 715 tm^ puîrque dans le dérangement de cette fituation prétendue fi naturelle ^ il n’f a adreflè ni expérience qui l’en puifl'e tirer, que par le fecours des inftrumens, après que l’Entant y a per¬ du la vie; aulieu qu‘il n’y a aucune autre, fituation dans laquelle un Enfant fe puifTe préfènter, où le Seigneur ne m’ait doné les moyens de les tirer vivans, quand j’ai été apelé à tems. Corne la longue pratique que j'ai dans ma profefilon m’a fait conaître que cette fituation ell la plus ordinaire de toutes celles dans lefquellcs rEnfint fe préfente pour venir au monde, & que c^efi: celle qui caufe les plus fâcheusaccidens , c’eft celle aufiî à laquelle je me fuis le plus précifé- ment ataché, pour prévenir ces accidens parle feulfecours de mes mains, lorlqu’lieureulèmenc la tête de ces Enfans n’ocupoit point encore le pafTage d’une manière à m’en interdire l’introduc¬ tion, ou à les détruire par celui des inftrumens, lorfqu’ils étoient déjà arive^, corne ces Obfèr- vations jointes à ce que j’en ai déjà dit dans ce Traité, en font une preuve évidente, qui;font îcrfqu’un. Enfant cft li avancé dans le vagin , que l’extrémité de la tête fe voit entre les gran¬ des lèvres de la vulve, qu’il y a longrems que la malade ne s’eft aperçu qu’il ait fait aucun mou¬ vement, que l’ou s’aperçoit d’une mauvaife odeur, principalement lorfque des férofitez roufia- tres corne lavurcs de chairs, fortent de ces parties bafies, 6c que la malade fent une lourde raaf- fe tomber du côté qu’elle fe panche, 6c une pefàntcur en la partie inférieure du ventre quand elle fè lève, qui font les marques les plus certaines de la mort de l’Enfant. Corne il n’y a point alors ( les chofes en cet état ) de moyen de placer le crochet fans exciter d'extrêmes douleurs à la malade, par le défaut d’efpace qui fo rencontre entre cette tête, 6c les parois du vagin, 6c qu’il n’y a aucun rifque à ouvrir le crâne de cet Enfant, foit avec les ci- îcaus ou avec le biftouri, afin qu’en rompant 6c ôtant une portion des os, l’on ait la facilité en tirant une certaine quantité du cerveau,'dé diminuer le volume de cette tête, 6c d’en ren¬ dre l’extraéfion, de même que celle de tout le corps de l’Eirfent, aifée 6c facile , fans que la Femme en foufre aucune douleur, corne je l’ai fait quantité de fois. Mais la chofè efi toute diférentc lorfque la tête de l’Enfant eft feulement engagée entre les os qui font au defius du va¬ gin , parccque fi le fecours de la *main foule y eft ablolument inutile, celui du crochet y eft très lûfpeél, par l’éloignement qui fo rencontre entre l’entrée du vagin, 6c l’endroit où la tête de l’Enfant eft arêtée, qui fait la dificulté, pour ne pas dire l’impoflibilité déplacer cet inftrument en fi bone prife qu’elle ne puifle lâcher, 6c doner ocafion aux accidens dont j’ai parlé} 6c qui ne peuvent ariver dans l’ufàge de ceux dont je me fuis forvi depuis quelque tems, 6cqui m’ont réufl] d’une manière à furpaffer mon atente, como j'efpére qu’ils feront à ceux qui, à mon e- xcmple, trouveront à propos de les mettre en pratique, qui eft la foule récompenfo que j’ofe elpérer de fruit de mes travaus, 6c de i’atention que j’ai à les comuniquer aux autres, dans l’ef- perance qu’ils en pouront tirer quelqu’avantagc. Voilà le véritable obftaçle que j’ai trouvé avoir toute la part à la fbrtie de la tête d’un Enfant quand elle fc préfente pour fortir la première, fans que le recourbement du coceix m’ait jamais fait aucune peine dans la quantité d’acouchemens que j’ai faits, quoique prefque tous les Au- ♦tcurs qui ont écrit des Acouchemens, ayent dit 6c même affuré que cet os trop courbé formoit fin des principaux obftacles à l’acoucbement. Je n’ai jamais trouvé non plus que ces clitoris dont prie M. Peu, lorfqu’il dit qu’il les faut dégager quand l’Enfant fe préfente à fortir, ayent formé aucun obftable à l’acouchement ,^.puifquc c’eft une chofe qui ne peut ariver, à moins que l’Enfant aulieu de fortir, ne fût difpofo^à rentrer la tête la première} ce qui fait voir que les Homes que l’on croit les mieux fonfoz, font capables de dire des chofes abfolument éloignées <îelâ raifon. a ■ V V , OBSERVATION CCCCLVIL Quand fai dit que la Pratique des Acouchemens efl femblable à ces gran¬ des ôcvaftes régions nouvellement conues, 6c dans lelquelles Ton peut fmre fans cefle de nouvelles découvertes, ce n’eft qu’après avoir lu la quan¬ tité d’Obfervations que M. Mauriceau raporte dans fon dernier Traité, & dans la Brochure en forme de Suplément du même'Auteui;, imprimé chez Xkkk le](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b3041815x_0741.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


